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samedi, 29 septembre 2007

Christel veut rentrer!

18870bb5c5d585a1d1f75cefa61b8fab.jpgLe coup d’éclat de la jeune fille met fin à cette bagarre qui n’a pas raison d’être. Gaston, le poing dirigé vers le visage de Jérémy, se tourne vers Christel et la regarde, surpris:

- Mais? Interroge Gaston, tu ne peux pas! Carbu n’est pas rentré!

- Je le peux! Je ne crée que des histoires, alors je m‘en vais! Si j’avais encore eu des doutes vous venez, tous les deux, de mes les enlever. Je sais que je prends la bonne décision. Une fois chez ma mère, je ne l’embêterais plus personne. Même Carbu sera bien plus tranquille sans moi! Il n’aura plus de soucis avec se mère. Il ne s’inquiètera plus quand il s’éloignera de moi. Il sera libre de vivre, alors, que moi, ici, je ne fais que l’entraver! C’est la meilleure des solutions, j’y ai pensé toute la matinée!

- Non, tu ne peux pas partir comme un voleuse. Imagine la réaction de Carbu! Tu vas le tuer!

- Là, je suis d’accord avec Gaston, intervient alors Jérémy. Et pourtant nous ne sommes pas souvent en accord lui et moi!

- Je refuse de t’emmener à la gare! S’entête Gaston.

Christel se tourne alors vers Jérémy et lui lance brusquement:

- Et toi? C’est non, aussi?

- Je…

- Ce n’est pas grave! J’irais à pied, puisque personne ne veut m’y emmener! Christel saisi son sac à dos et descends les quelques marches qui conduisent à la cour. Elle la traverse sans un regard pour les jeunes hommes, oubliés sur la pelouse. Gaston n’a pas le temps de la saisir par le bras qu’elle laisse derrière elle la chaleur de la maison qui avait si bien su l’accueillir. Elle allonge le pas, elle veut oublier toutes ces journées de douceur, ces derniers mois de galère! Son rêve est de repartir du bon pied, recommencer une vie qui lui échappe depuis qu’elle vit ici. Carbu ne se décide pas, l’attente est trop difficile. Ce n’est pas comme ça qu’elle imaginait sa relation avec le seul homme qu’elle aime vraiment et qu’elle aimera toujours, c’est sur!

Alors qu’elle s’engage sur la route communale, le son d’un moteur de grosse cylindrée résonne au loin. Christel reconnaîtrait ce moteur lors des vingt-quatre heures du Mans! Elle s’immobilise quelques instants, une hésitation la retient. Doit-elle continuer d’avancer, ou l’attendre? Gaston répond à sa question en la rattrapant et en la prenant dans ses bras.

- Je t’en prie, ne part pas comme ça! Attend qu’il revienne, vous pourrez vous expliquer et peut-être que vous arriverez à vous entendre. Tu sais, il a accepté de travailler si loin pour que vous puissiez vivre ensemble, tu le sais ça?

- Je le sais! Mais je ne sers à rien, je ne créé que des problèmes, il sera beaucoup mieux sans moi!

- Ne dis pas de bêtises! Attends au moins qu’il arrive, il n’est plus très loin!

- Il arrive par le bourg, de toutes manières, nous nous rencontrerons!

- Viens, retournons à la maison! S’il te plait?

- D’accord! finit par dire la jeune fille d'une voix lasse. Rien ne se passe jamais comme elle l'avait prévu! C'est épuisant à force!

Tendrement, Gaston la ramène dans la cour. Jérémy, quant à lui, dès que les premiers bruits de la moto de Carbu, est remonté sur son gros cube. Au moment où Gaston et Christel entrent dans la cour, la moto de Jérémy s’éloigne sur la petite route de campagne.

- Toujours aussi courageux celui-là! Jeta Gaston d’un ton amer.

- Bah! Pourquoi veux-tu qu’il change? Répondit Christel, je vous l’avais dit! Il faut se méfier de lui! Moi je ne lui ferais absolument pas confiance. Je sais que Carbu l’a souvent écouté, et ce n’était pas toujours de bons conseils. Mais qui suis-je pour m’interposer entre eux deux?

- Christel, arrête ça!

La moto de Carbu pénétre dans la cour. C’est fou comme un cœur peut battre vite! Celui de Christel s’affole complètement. Comment peut-elle le quitter? Comment vivra-t-elle sans lui? Ne rien dire! Le regarder arriver et se taire!

Carbu, inconscient du drame qui se joue, stoppe sa machine juste devant la jeune fille. Le sourire qui éclaire son visage quand il retire son casque, en dit bien plus sur les sentiments qui l’animent que tous les discours qu’il ne sait pas faire. Christel pose son sac par terre, elle ne désir qu’une chose, se blottir dans les bras de l'homme devant elle.

La béquille ventrale mise, Carbu se retourne vers cette belle jeune fille qui lui donne envie de se battre contre le monde entier. Il la regarde, puis la prend dans ses bras, la lève du sol, la serre de peur qu’elle ne tombe.

- Christel, bébé! Comme je suis heureux de te revoir. Le temps m’a semblé si long sans te voir!

Bébé ne répond rien, elle se contente de poser sa tête contre le torse de Didier. Le monde peut bien s’écrouler maintenant!

- Hou! Bébé, qu’est-ce qui ne va pas?

Carbu lui caresse la tête tendrement, il la sent trembler contre lui. Que s’est-il passé lors de son absence?

- Bébé, qu’y a-t-il?

Avisant le sac à dos poser négligemment à terre, il reprend:

- tu t’en allais? Ou voulais-tu partir? Sa voix est douce mais laisse transpercer de l’inquiétude.

- Oui, je vais chez ma mère. C’est mieux pour tout le monde! Je vous gène ici!

- Bébé, s’il te plait, attend la fin du week end pour prendre ta décision! Nous allons en discuter, et si je n’ai rien de mieux à te proposer, je te promets de d’emmener moi-même à la gare. Tu veux bien?

-Je ne sais pas! Je n’aurais peut-être plus la force de partir après le week-end!

- Christel, mon cœur, ne me laisse pas tomber comme ça, reste avec moi, encore un peu!

- Je ne te laisse pas tomber, Carbu, je te rends ta liberté, je sais que tu en as besoin! Je suis de trop pour…

- Chut! Viens, rentrons, nous allons parler de ça tranquillement.

Christel sent les larmes qui coulent sur ses joues, elle rougie de honte! Elle aurait tellement voulu paraître plus forte. D’un geste brusque, elle balaie ces gouttes d’eaux traîtresses.

Carbu passe son bras autour de ses épaules et l’entraîne vers la maison. Le week-end vient de commencer, un week-end lourd en décisions à prendre, en discussion difficile, et en câlins d’adieu.

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