« 2007-08 | Page d'accueil
| 2007-10 »
samedi, 29 septembre 2007
Christel veut rentrer!
Le coup d’éclat de la jeune fille met fin à cette bagarre qui n’a pas raison d’être. Gaston, le poing dirigé vers le visage de Jérémy, se tourne vers Christel et la regarde, surpris:
- Mais? Interroge Gaston, tu ne peux pas! Carbu n’est pas rentré!
- Je le peux! Je ne crée que des histoires, alors je m‘en vais! Si j’avais encore eu des doutes vous venez, tous les deux, de mes les enlever. Je sais que je prends la bonne décision. Une fois chez ma mère, je ne l’embêterais plus personne. Même Carbu sera bien plus tranquille sans moi! Il n’aura plus de soucis avec se mère. Il ne s’inquiètera plus quand il s’éloignera de moi. Il sera libre de vivre, alors, que moi, ici, je ne fais que l’entraver! C’est la meilleure des solutions, j’y ai pensé toute la matinée!
- Non, tu ne peux pas partir comme un voleuse. Imagine la réaction de Carbu! Tu vas le tuer!
- Là, je suis d’accord avec Gaston, intervient alors Jérémy. Et pourtant nous ne sommes pas souvent en accord lui et moi!
- Je refuse de t’emmener à la gare! S’entête Gaston.
Christel se tourne alors vers Jérémy et lui lance brusquement:
- Et toi? C’est non, aussi?
- Je…
- Ce n’est pas grave! J’irais à pied, puisque personne ne veut m’y emmener! Christel saisi son sac à dos et descends les quelques marches qui conduisent à la cour. Elle la traverse sans un regard pour les jeunes hommes, oubliés sur la pelouse. Gaston n’a pas le temps de la saisir par le bras qu’elle laisse derrière elle la chaleur de la maison qui avait si bien su l’accueillir. Elle allonge le pas, elle veut oublier toutes ces journées de douceur, ces derniers mois de galère! Son rêve est de repartir du bon pied, recommencer une vie qui lui échappe depuis qu’elle vit ici. Carbu ne se décide pas, l’attente est trop difficile. Ce n’est pas comme ça qu’elle imaginait sa relation avec le seul homme qu’elle aime vraiment et qu’elle aimera toujours, c’est sur!
Alors qu’elle s’engage sur la route communale, le son d’un moteur de grosse cylindrée résonne au loin. Christel reconnaîtrait ce moteur lors des vingt-quatre heures du Mans! Elle s’immobilise quelques instants, une hésitation la retient. Doit-elle continuer d’avancer, ou l’attendre? Gaston répond à sa question en la rattrapant et en la prenant dans ses bras.
- Je t’en prie, ne part pas comme ça! Attend qu’il revienne, vous pourrez vous expliquer et peut-être que vous arriverez à vous entendre. Tu sais, il a accepté de travailler si loin pour que vous puissiez vivre ensemble, tu le sais ça?
- Je le sais! Mais je ne sers à rien, je ne créé que des problèmes, il sera beaucoup mieux sans moi!
- Ne dis pas de bêtises! Attends au moins qu’il arrive, il n’est plus très loin!
- Il arrive par le bourg, de toutes manières, nous nous rencontrerons!
- Viens, retournons à la maison! S’il te plait?
- D’accord! finit par dire la jeune fille d'une voix lasse. Rien ne se passe jamais comme elle l'avait prévu! C'est épuisant à force!
Tendrement, Gaston la ramène dans la cour. Jérémy, quant à lui, dès que les premiers bruits de la moto de Carbu, est remonté sur son gros cube. Au moment où Gaston et Christel entrent dans la cour, la moto de Jérémy s’éloigne sur la petite route de campagne.
- Toujours aussi courageux celui-là! Jeta Gaston d’un ton amer.
- Bah! Pourquoi veux-tu qu’il change? Répondit Christel, je vous l’avais dit! Il faut se méfier de lui! Moi je ne lui ferais absolument pas confiance. Je sais que Carbu l’a souvent écouté, et ce n’était pas toujours de bons conseils. Mais qui suis-je pour m’interposer entre eux deux?
- Christel, arrête ça!
La moto de Carbu pénétre dans la cour. C’est fou comme un cœur peut battre vite! Celui de Christel s’affole complètement. Comment peut-elle le quitter? Comment vivra-t-elle sans lui? Ne rien dire! Le regarder arriver et se taire!
Carbu, inconscient du drame qui se joue, stoppe sa machine juste devant la jeune fille. Le sourire qui éclaire son visage quand il retire son casque, en dit bien plus sur les sentiments qui l’animent que tous les discours qu’il ne sait pas faire. Christel pose son sac par terre, elle ne désir qu’une chose, se blottir dans les bras de l'homme devant elle.
La béquille ventrale mise, Carbu se retourne vers cette belle jeune fille qui lui donne envie de se battre contre le monde entier. Il la regarde, puis la prend dans ses bras, la lève du sol, la serre de peur qu’elle ne tombe.
- Christel, bébé! Comme je suis heureux de te revoir. Le temps m’a semblé si long sans te voir!
Bébé ne répond rien, elle se contente de poser sa tête contre le torse de Didier. Le monde peut bien s’écrouler maintenant!
- Hou! Bébé, qu’est-ce qui ne va pas?
Carbu lui caresse la tête tendrement, il la sent trembler contre lui. Que s’est-il passé lors de son absence?
- Bébé, qu’y a-t-il?
Avisant le sac à dos poser négligemment à terre, il reprend:
- tu t’en allais? Ou voulais-tu partir? Sa voix est douce mais laisse transpercer de l’inquiétude.
- Oui, je vais chez ma mère. C’est mieux pour tout le monde! Je vous gène ici!
- Bébé, s’il te plait, attend la fin du week end pour prendre ta décision! Nous allons en discuter, et si je n’ai rien de mieux à te proposer, je te promets de d’emmener moi-même à la gare. Tu veux bien?
-Je ne sais pas! Je n’aurais peut-être plus la force de partir après le week-end!
- Christel, mon cœur, ne me laisse pas tomber comme ça, reste avec moi, encore un peu!
- Je ne te laisse pas tomber, Carbu, je te rends ta liberté, je sais que tu en as besoin! Je suis de trop pour…
- Chut! Viens, rentrons, nous allons parler de ça tranquillement.
Christel sent les larmes qui coulent sur ses joues, elle rougie de honte! Elle aurait tellement voulu paraître plus forte. D’un geste brusque, elle balaie ces gouttes d’eaux traîtresses.
Carbu passe son bras autour de ses épaules et l’entraîne vers la maison. Le week-end vient de commencer, un week-end lourd en décisions à prendre, en discussion difficile, et en câlins d’adieu.
16:14 Publié dans redaction | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : carbu, déchirement, amour
mercredi, 26 septembre 2007
VOLTAIRE
Quiconque parvient vous faire croire des
absurdités à le pouvoir de vous faire
commettre des injustices.
VOLTAIRE

21:03 Publié dans intermède | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : voltaire, injustice
samedi, 22 septembre 2007
DEPART
Deux heures déjà que Christel s’était installée sur le balcon , les yeux dans le vague, laissant le temps s’écouler, indifférente aux chants des oiseaux qui célèbrent la naissance du printemps. Les yeux dans le vide, elle cherche des réponses à ses questions. Depuis plusieurs jours déjà, elle se demande ce qu’elle allait faire.
Elle remerciait la générosité du père de Gaston en briquant et récurant la maison de fond en comble, mais restait consciente que cette situation ne pouvait être que provisoire. Elle n’avait pas de véhicule pour se déplacer, et la maison se trouvait en plein milieu des champs. Trouver du travail dans ces conditions devenait une gageur.
Bien sur, tout le monde autour d’elle lui témoigne gentillesse et attention, mais elle ne se sent pas à sa place. Ce qu’elle désire le plus était de vivre aux cotés de Carbu, pourtant rien ne laissait envisager qu’un jour cette éventualité deviendrait réalité.
Les jours se succèdent aux autres, comme d’habitude!
Les rires et les joies côtoient le désoeuvrement et les larmes, les solutions tardent à venir.
Christel à beau tourner et retourner la question dans sa tête, elle ne voit d’autres solutions que de faire ses bagages et de rejoindre sa mère dans la région parisienne. Cette dernière s’était enfin stabilisée en louant un appartement dans une charmante commune des Yvelines. Elle lui avait fait savoir qu’elle regrettait de l’avoir abandonner et que maintenant, elle était prête à l’accueillir.
Carbu était parti pour trois jours, elle ne se sentait incapable de prendre une décision sans lui en avoir parler. Elle aurait pris cela pour une trahison. Elle souhaitait tellement connaître son opinion avant de se décider.
Un petit vent frais la tire de sa rêverie, elle frissonne et se décide enfin à rentrer. Elle referme la porte fenêtre derrière elle et contemple le salon. Elle s’y sent tellement bien, les larmes lui montent aux yeux. Ce n’est pas qu’il soit particulièrement coquet, c’est un salon pratique sans vraiment de charme avec son canapé en velours marron, sa table basse en bois massif, sa large cheminée, et ses rares plantes et livres, mais elle y est bien. Un nid douillet sans heurt et sans problème, c’est ainsi qu’elle voit cette maison éloignée du bourg.
Elle respire bruyamment ressert son gilet sur sa poitrine et se rend dans la cuisine, elle y a laissé la vaisselle du petit déjeuner. Aujourd’hui, elle sera seule toute la journée, les habitants travaillent tous trop loin pour rentrer déjeuner. Le ménage de la cuisine expédiée, Christel remonte dans sa chambre, elle cherche à réfléchir mais n’y parvient pas. Elle se laisse tomber sur son lit, elle voudrait tellement dormir jusqu’à ce qu’ils rentrent tous. Soudain, une inquiétude sourde monte en elle. Et si Joël revenait la chercher?
- Non! S’écrit-elle tout fort dans la chambre.
Il ne peut pas venir la chercher! Ce serait complètement idiot! Et pour quelle raison prendrait-il se risque? Christel se redresse vivement sur son lit, son cœur bat la chamade. Mentalement, elle se traite d’idiote et redressent au salon, allume la télé, s’installe confortablement dans le canapé et se laisse hypnotiser par l’écran. Il est plus de treize heure quand elle réalise qu’elle a faim. Doucement, elle s’étire et quitte, comme à regret le canapé. Elle n’est pas encore sortie du salon qu’un bruit de moteur la stoppe dans son mouvement. Qui peut bien venir ici alors qu’elle est seule? Elle n’ose ouvrir, elle s’est immobilisée dans le couloir, tétanisée. Elle hésite et ne sait que faire. Le moteur ronronne encore puis se tait. Elle n’entend pas le bruit d’un portière qui se ferme: c’est une moto. Christel respire, si c’est une moto, ce ne peut être que Carbu qui rentre plus tôt que prévu! Heureuse, et imprudente, elle se rue à l’extérieur. A peine est-elle sur le perron de la maison, elle comprend son erreur! Ce n’est pas Carbu! Ce n’est pas Joël non plus! Christel ne comprend pas qu’il vienne ici! Il est pourtant interdit de séjour dans cette maison!
- Est-ce qu-il est là? Demande Jérémy sans préambule.
- Pourquoi serait-il là? Répond Christel tentant de contrôler la peur qui l’envahie.
- Il n’est pas chez lui! Alors il ne peut être qu’ici!
- Il a un travail au cas-tu où tu l’aurais oublié?
- Et Gaston?
- Quoi Gaston?
- Il est là?
Christel n’aime pas du tout la tournure que prend la conversation et encore moins le ton qu’emploie Jérémy. Doucement, elle recule, tente de regagner la porte de la cuisine. Elle veut s’enfermer avant qu’il ne soit trop tard. En même temps, elle se dit qu’elle se fait un film!
- Il est au travail lui aussi! La voix de la jeune fille est de moins en moins assurée, Jérémy repère aussitôt ce changement.
- Qu’est-ce qu’il y a? aurais-tu peur de moi? S’amuse-t-il avec elle.
- Je ne pas peur! Rétorque courageusement l’inconsciente.
- Tu as tord! Tu devrais avoir peur de moi! Tu m’as du mal, beaucoup de mal!
La voix de Jérémy est trop suave, trop douce, Christel se met à trembler. Elle se sait trop faible pour pouvoir le combattre. Il lui faut le battre de vitesse. Il s’approche lentement vers elle alors qu’elle atteint pratiquement la porte d’entrée.
- A cause de toi, je me retrouve sans ma bande! Pire! Maintenant, certains se sont complètement détourner de moi! Et tu crois que je vais te pardonner un tel affront?
Christel touche la porte de ses doigts, elle se rue à l’intérieur mais ne peut malheureusement fermer la porte à temps! Jérémy la bloque de son pied, puis fait voler la porte. Christel se retrouve projeter par terre. Jérémy est devant elle, il la toise de sa hauteur! Il la contemple avoir peur alors qu’elle tente de s’éloigner de lui en glissant sur le carrelage du couloir.
- Tu ne m’échapperas pas! Tu peux faire ce que tu veux!
Il avance vers elle et la saisit par le bras, l’obligeant à se remettre debout.
- Si tu crois que j’en veux à ton trésor, tu te trompes, tu n’es pas mon type du tout! Simplement, je vais te faire tellement de bleus sur le corps que tu te souviendras de cette visite toute ta vie et Carbu ne se le pardonnera jamais, j’aurais ma revanche!
A peine a-t-il finit sa phrase qu’il lui assène une gifle magistrale. Sous la violence du coup, la tête de Christel heurte le mur du couloir. Elle a l’impression que son crâne va exploser. Elle ne régit déjà plus, la douleur qui lui traverser le corps à réveiller ses réflexes de défense. Se mettre en boule, et protéger sa tête. A peine est-elle au sol qu’un bruit de lutte et de dispute la tire de sa torpeur. Un homme vient d’entrer dans la maison et à sortit Jérémy du couloir. Ils se battent sur la pelouse. Promptement, alors que quelques secondes plus tôt, elle aurait juré ne plus pouvoir bouger, Christel se retrouve sur le pas de la porte contemplant le triste spectacle de deux hommes qui se battent encore à cause d’elle. A ce moment, elle prend sa décision, elle va quitter cette maison et tous ces gens qu’elle aime mais à qui elle n’apporte que des ennuis. Une fois dans la région parisienne, ils seront enfin tranquille. Sans attendre de connaître la finalité de la bagarre, elle se rend dans sa chambre et boucle son bagage. Elle redescend et se poste sur la pelouse, devant les deux hommes, et pose violement son sac sur la pelouse. Son geste surprend Jérémy et Gaston, rentré plus tôt parce qu’il avait déjà trop d’heure à son actif, qui s’immobilise aussitôt.
- Je veux que l’un d’entre vous m’emmène à la gare de Vannes! Je rentre chez ma mère, comme ça tout le monde sera content! Je n’embèterais plus personne!
20:43 Publié dans redaction | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : carbu, bagarre, départ


