« 2008-01 | Page d'accueil
| 2008-04 »
lundi, 31 mars 2008
Soirée morose
Ce soir, je me sens sale! Sale et humiliée! Dès que je franchis la porte de chez moi, je me débarrasse de mes vêtements, les jette dans la corbeille de linge sale et me rue sous la douche. Je laisse couler l'eau chaude sur ma peau quelques secondes, puis avec le gant de crin, je frotte. Je frotte encore, ma peau prend une couleur rouge sang, ce n'est pas suffisant! Je voudrais tellement que ma tête oublie, que mon être se retrouve, je suis morcelée, détruite à l'intérieur.
Je ne sais combien de temps je suis restée sous la douche, jusqu'à ce que je ne supporte plus la chaleur de l'eau, le dégoulinement de l'eau sur mes yeux. Mes larmes se sont mêlées à la douche, elles ont crée des sillons sur mes joues, j'en suis persuadée.
Emmitouflée dans un peignoir bien rassurant, je me fais un chocolat chaud, rien d'autre ne rentrera dans mon estomac. La tasse serrée contre moi, je m'affale dans le canapé. Je suis vidée! Le canapé fait ce qu'il peut pour me réconforter, doux et accueillant, et si dur à la fois. Les larmes recommencent à couler, je ne sais comment arrêter le flot continuel envoyer par mes glandes lacrymales.
Plus d'une heure déjà que je pleure, que je me sens bête mais surtout que je me sens minable.
En me voyant ainsi, on pourrait croire qu'il m'est arrivé quelque chose de très grave, comme un viol, un décès dans la famille, une fin. Pas même! Il ne s'agit que d'un moment très banal dans notre société, de ces petits riens que l'on ne voit pas, ou que l'on préfère ne pas voir.
Si je souffre autant ce soir, c'est à mon travail que je le dois: je subis du harcèlement! Je serais tenter de dire, juste du harcèlement! Ce n'est pas une harcèlement sexuel, de celui-là, on en parle, tout le monde sait qu'il existe, les tribunaux le condamnent. Non, juste un harcèlement moral! Juste? Le mot ne semble pas convenir à ce que je ressens ce soir.
Elle est sur mon dos depuis son arrivée, jusqu'à mon départ. Elle me hurle dessus, je ne fais rien de bien, ce qui finit par ce justifier: je perds mes moyens et forcément, je fais des erreurs. Elle me fait courir à droite et à gauche, me demandant d'être à deux ou trois endroits à la fois. Je me démultiplie et ce n'est pas bien puisqu'il faut se concentrer sur sa tache. Je me focalise sur mon travail, et ce n'est pas bien, il faut être partout à la fois. Je ne réponds pas et baisse la tête, il aurait fallu lui répondre, elle hurle. Je réponds à sa question, le ton n'y est pas, je ne la respecte pas, elle me hurle une seconde fois dessus.
Toute la journée le micro résonne de mon prénom, les clients savent qui je suis, où je suis. Je suis partout à la fois et jamais à la bonne place. Je fais ce que l'on me dit et ai oublié les ordres les plus importants. Je marque sur des milliers de bouts de papier ce que je ne dois pas oublié, et je ne sais pas comment je fais cela, il se trouve que je n'ai pas marqué l'ordre le plus important!
Je fais tout pour respecter la procédure, mais il y a toujours quelques choses qui dérapent, et je me trompe.
- La procédure n'est pas respectée! Si tout le monde se met à faire ce qu'il veut c'est la débandade! Vous ne faites rien comme il faut!
- Pourtant, je pensais... Pourquoi ai-je employé ce mot? Je me mords la langue, je viens de réaliser mon erreur.
- Penser? Penser? Je ne vous demande pas de penser mais de respecter la procédure! Ce n'est quand même pas compliqué! Penser! Et puis quoi encore? Ici, ce n'est pas vous qui devez penser, que ce soit bien clair entre nous!
- Oui Madame!
Allez, baisse la tête, écrase toi, fais toi toute petite, ne pense pas ou alors à quelque chose d'agréable, comme chez le dentiste. Pense que tu n'es là que pour la journée, que pour cinq jours par semaine, 11h par jour. Pense que tu vas rentrer et que tu vas te retrouver, tu vas revêtir ta personnalité en sortant. Pense que ce week end, tu vas aller t'amuser quelque part. Pense à tout, sauf à cette histrionique!
Oui, mais? Mais, si je ne retrouvais plus ma personnalité en sortant? Si quelqu'un me l'avait volé, qu'est-ce que je deviendrais? Je suis à deux doigts de m'écrouler, de sombrer, je le sais, je le sens. Je ne supporterais plus longtemps ce traitement inhumain. Il me faut un travail, tout le monde me l'a dit et répéter, mais à ce prix, c'est cher payé! Je ne sais plus qui je suis, je ne me considère plus, je ne suis plus qu'une nulle qui ne sait plus rien faire dans sa vie. Je n'ai plus qu'une envie: me mettre la tête sous l'oreiller et pleurer, pleurer encore. Ou alors... Aller dans la montagne et devenir ermite. Peut-être, si je ne trouve pas de meilleure solution, me laisser tomber dans la cascade qui passe en contrebas de la route que je fais tous les jours pour aller et revenir de ce lieu infernal. Inutile d'avoir inventé l'Enfer, j'y suis déjà. C'est bien une idée de nantis d'avoir inventé un lieu ou l'on serait puni de nos mauvaises actions alors que sur terre, nous avons largement ce qu'il faut.
Il me faut travailler pour vivre! Belle rigolade! S'ils pensent que je vis ceux qui me disent cela, ils se trompent largement!!!
Je ne vis pas, je ne survis même pas, j'existe plus, je ne suis qu'un fantôme qui s'agite sous les ordres démoniaques de ma formatrice qui se prend pour le plus grand chef du monde. Je ne suis qu'une fumée, une volute de moi. Il n'y a pas si longtemps encore, je crois que j'existais. Je me souviens que je riais, que j'avais des projets, une famille, une vie.
Aujourd'hui, tout s'est envolé sous les brimades morales répétées de cette femme. Même mes enfants ne me reconnaissent plus, ils sont orphelins de mère tout en la côtoyant. Quand je pense à eux, je pleure. Ce n'est pas ce que je voulais leur confier pour l'avenir, ce n'est pas l'apprentissage que je voulais leur donner. Et maintenant, qu'ont-ils sous les yeux? Cette loque humaine qui ne parle plus, qui ne vis plus.
Je vais m'allongée, je n'en peux plus! Je voudrais tant que cela s'arrête, avoir une solution qui ne soit pas expéditive, mais je n'en vois pas!
Je tourne en rond dans ma tête, je ne sais que faire. Je revois le film qui m'a conduit dans cette situation, encore et encore. A quel moment tout a dérapé?
Tout à commencé il y a quatre mois. Un coup de fil à fait basculer ma vie. J'étais pourtant si heureuse quand on m'a confirmé que j'étais prise dans ce poste de première adjointe, en ce mois de décembre 2007, si contente....
11:31 Publié dans redaction | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : emploi, soirée, difficulté
lundi, 24 mars 2008
Photos
Mes voyages obligés me permettent de découvrir de très jolis paysages. Dans de nouveaux albums, je m'autorise à vous monter la France telle que je la vois.
J'espère que vous prendre autant de plaisir à la regarder que j'en ai eu à la visiter, entre mes 13h de travail par jour, cela s'entend!
10:12 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photos, france, paysage
dimanche, 23 mars 2008
Bonsoir,
Il y a bien longtemps que je ne suis pas venue sur mon blog, je le sais.
Ce n'est pas par un désintérêt du blog, pas non plus par oubli de vous. Non! Ce n'est qu'un sérieux manque de temps.
Connaissez-vous les grandes entreprises?
Celles qui ne se soucient absolument pas de ses employés?
Celles qui vous demande de travailler 13 à 14h par jour avec comme salaire un forfait au mois?
Si vous ne les connaissez pas, je serais enchantée de vous faire voyager dans l'antre du diable.
Je suis à l'essai depuis deux mois, renouvelable un mois, soit trois mois d'essais et de formation (?). Trois mois qui me font voir du pays, déformer mes valises et mettre mon compte en banque à sec, ma société a "oublié" de verser mes indemnités de déplacement.
Bref, tout ça pour vous dire que le temps passé sur la route, passé au travail, ma famille, et tout, et tout, me tiennent éloignés de mon ordinateur, donc forcément, de mon blog.
Le désir de finir mon histoire est rivé en moi, l'impératif de corriger mes premiers essais aussi!
Alors, maintenant que je vais faire un petit séjour à coté de Lourdes, il serait peut-être judicieux d'aller voir la grotte et demander un petit miracle pour moi, par pur égoïsme! On ne sait jamais!
Bon trève de plaisanteries, et puis si! Continuons la plaisanterie, car tant qu'elle ne fait de mal à personne, elle est salutaire.
Je reviendrais plus régulièrement, histoire de la terminer, mon histoire, justement. Reprendre l'écriture et m'évader en vous offrant un autre horizon, un univers hors du votre. Du réel iréel, du rêve informatique. Je continuerais ma route sur ce blog, celui qui a ma préférence, celui de mes débuts, de mes tatonnement, celui qui m'a apporté des peines et des joies. Celui qui m'a permis de rencontrer des gens formidables.
Je veux le souligner, vous êtes formidable!
Bonne continuation à vous tous.
22:21 Publié dans Détente | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : coucou, sourire


