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lundi, 14 avril 2008
Fausse bonne nouvelle!
Depuis la fin du mois d'août, mon mari et moi-même en parlions sérieusement. Le sujet avait déjà été abordé ces derniers mois, mais à notre retour de vacances, il s'était imposé à nous, comme une évidence: il nous fallait changer de vie!
Nous étions d'accord pour dire que cette vie ne nous apportait plus rien d'intéressant. Elle nous peinait, nous freinait, nous handicapait.
Mon mari traînait un bourdon qui s'éternisait et, moi, ma vision des choses s'assombrissait de plus en plus.
Alors, quand je tombais malade la première fois, il n'eu plus de doute possible! Mon hospitalisation nous confortait dans nos choix.
Il devenait urgent de changer de travail!
Depuis maintenant 4 ans, nous tenions une supérette dans un charmant petit bourg de province. Nous aimions ce que nous faisions, nous aimions nos clients, rien, a priori ne nous aurait fait changer d'avis. Alors pourquoi vouloir en partir, me direz-vous? Pour des raisons aussi ridicules que simples!
La toute première venait du froid! Nous avions tout le temps froid, en permanence, été comme hiver. Cela est futile, nous le savons, mais nous ne le supportions plus. Je ne le supportais plus, pour être honnête! Ce froid en permanence, être engoncés dans de chauds vêtements toute l'année, m'épuisait. J'avais beau me raisonner, m'obliger à voir les choses en face, à refuser de me comporter comme une enfant, je n'en pouvais plus d'avoir froid. Mon mari me comprenait, du moins le croyais-je.
Ensuite, nous nous entendions de moins en moins avec le directeur de région.
Nous ressemblions à des commerçants, nous en avions les responsabilités vis-à-vis de la clientèle, mais nous n'envions ni le statut, ni la liberté de travail. Nous étions gérants pour une grande enseigne nationale. Nous étions désolés à l'idée de nous séparer de notre activité, nous aimions ce que nous faisions, mais il n'y avait pas moyen de discuter; la politique commerciale s'était métamorphosée pour le bien des magasins alors que nous, hommes de terrain, nous apercevions qu'elle pénalisait surtout les bonnes volontés. Nous nous sentions les ailes coupées, incapable d'avancer ou de faire progresser le chiffre d'affaire. Nous ne supportions plus les récriminations perpétuelles pour des changements idiots, des comportements irresponsables au sein de la direction. Nous regardions, peinés, nos aînés de 10 voir 15 ans quitter la société pour les raisons qui nous chagrinaient. Nous comptions tous les mois les fuites et les départs, les fermetures provisoires et définitives. Nous avions l'impressions que rien ni personne ne serait à même d'arrêter l'hémorragie de gérants. C'est les idées noires et la motivation en berne que nous allions au magasin effectuer nos 50 heures par semaine.
Nous ne savions plus comment faire pour continuer à insuffler la vie nécessaire à notre commerce afin de le faire progresser. Mon mari grognait en permanence et j'étais de plus en plus souvent absente. Mon arrêt de 15 jours à mis un terme à tout espoir de continuité dans cet activité. Notre décision était sans appel: le premier des deux qui trouvait un autre travail permettait au deux de quitter cette société.
C'est pourquoi, quand en Décembre de cette année, je reçu la réponse téléphonique du recruteur de cette grande boite de Bazar, notre joie était sincère. Nous allions enfin quitter ce lieu froid et cette direction détestable!
J'étais prise dans une grande enseigne à un poste que j'avais déjà occupé, donc sans grandes difficultés d'adaptation pour moi. Mon mari savait qu'il ne resterait pas longtemps sans emploi, nous envisagions enfin l'avenir sous d'autres hospices. Nous avions des rêves d'avenir, chose qui ne nous était plus arriver depuis plusieurs mois déjà.
Je dois signaler que notre couple avait été mis en sérieuse difficulté, et nous cherchions le meilleur moyen de rester soudé. Les mots séparations et divorce avaient été prononcé à plusieurs reprises, nous espérions sincèrement qu'il n'était pas encore trop tard!
Cette réponse nous donnait enfin le bol d'air que nous attendions!
J'avais passé le dernier entretien sans trop de difficulté et nous étions confiant quant à la suite des évènements.
Au mois de Janvier, à la fin du mois pour être précise, nous avions terminé l'inventaire de cession de la supérette, nous donnions les clés à nos remplaçants. Je dois avouer que je ressentis un pincement au coeur quand je remarquais la désinvolture avec laquelle ils prenaient possession du magasin. Je craignais qu'ils ne fussent pas à la hauteur de la tâche que nous leur demandions.
Après le pot de départ offert aux commerçants de la rue, nous les quittions le coeur à la fois gros et léger.
Le lundi suivant, soit deux jours après l'inventaire, je me rendis sur le lieu de formation aux techniques de cette nouvelle société, distant de 200 km de chez mois. Je m'engageais à quitter ma famille pendant un mois au moins.
Cela fut plus difficile que je ne le cru de laisser derrière moi mes chérubins, même s'ils ne sont plus en bas âge, même si leur père était là pour s'occuper d'eux. Jusqu'à l'ors, j'avais pris en main leur éducation, leurs histoires, leurs rires et leurs peines. Je me demandais comment ils feraient pour s'en sortir sans moi.
Je m'étais tout de même engager à suivre la formation sans rien dire, le plus sagement possible afin de ne pas rater cette place que je désirais plus que tout. J'aimais le travail, et j'ambitionnais sérieusement de finir ma carrière sous cette enseigne!
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