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jeudi, 08 mai 2008
Avons-nous encore le droit?

Comme un vent glacé, elle est entrée en moi, sans invitation
Elle s’est imposée à l’intérieur d’un corps fatigué par des nuits
Qui s’allongent, s’étirent , sans possibilité de recours, de secours
Comme une maîtresse, elle a pris possession des lieux en souffrance.
J’ai tenté, en faisant appel aux forces de l’ordre, une expulsion
Elle s’est cachée, fait la morte quelques heures, j’ai cru à ma survie
Puis, sournoise et volontaire, elle a éclaté de rire en plein jours
Alors que je marchais tranquille sur une chemin cahoteux, une errance.
Je l’ai entendu résonné sur mes tympans, glissant dans mon cerveau
Coulant au fond de mon ventre alors qu’elle s’ingéniait à tordre, voluptueuse
La moindre parcelle de ma joie et de mon optimisme; avalant, dévorant
Un avenir que je croyais gagné d’avance, me laissant pantin mort.
Sans mot dire, hurlant simplement des cris de bonheur déchu , eau
De feu dans mes veines, elle s’est mis à diriger mes actions, en tueuse
Consciente de son pouvoir sur une terre en friche, appauvrit en sang
Vidée de sa substance, anéantie par des années de luttes sans remords.
Mettre de la distance, voir un peu où nous en sommes, attendre un peu
Ne pas aller trop vite, tu es trop bien pour moi, ce n’est pas toi, c’est moi
Je souffre autant que toi, je ne peux pas t’apporter ce que tu demandes,
Ce que tu es en droit d’exiger de moi, tu en rencontreras d’autres, mieux.
Autant de clés qui lui ouvrent la porte, lui déroulent le tapis rouge ou bleu
Car c’est autant de bleus qui éclatent en nous lors de son arrivée royale, vois
Comme la souffrance prend sa place dans ce corps qui avait l’air si grand
On se retrouve à l’étroit, écrasé dans ses bras, étouffé par son haleine pisseuse.
Mais qu’est-ce un mal d’amour dans un société comme la notre? Un luxe
Réservé à quelques privilégiés! Reprends-toi, tu en trouveras d’autre!
Je n’en veux pas d’autre et je n’en aurais pas d’autre quoi qu’il arrive.
Le mal d’amour ne continue-t-il pas à enfermer, à détruire, à tuer même!
La souffrance s’est installée en moi, y a fait son nid et a décrété quelle ne partirait plus.
Depuis nous cohabitons toutes les deux!

23:16 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


