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vendredi, 04 juillet 2008

Moment

Derrière le mur blanc immaculé de sa chambre, elle apercevait enfin

L’ombre de son paradis alors que le dessin d’un visage aimé apparu.

Toutes ces nuits et toutes ces journées à l’attendre, à le désirer, l’appeler

Étaient désormais récompensées par son apparition, elle le voyait.

Debout, adosser, contre le mur, le sourire au lèvre, il la regardait

Ses doux yeux marrons l’enveloppaient de tendresse, elle se perdait

Rien n’aurait pu la rendre plus heureuse que ce portrait contre son mur.

 

Derrière les cils noirs et peints s’accrochait une perle de larmes, attendant

Le moment propice pour se laisser glisser le long de cette joue chaude.

Pendue à l’œil droit, la perle hésitait quant à son devenir, il n’aimait pas

Qu’elle pleure, cela renforçait l’indécision de la petite larme nouvelle                                  

De toutes ses forces , elle se maintient à la sortie de l’œil, refusant de tomber

Dans son malheur, la petite perle avait oublié de fermer la porte et bientôt

Des dizaines de ses sœurs se bousculèrent derrière, la poussèrent, elle roula.

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Lentement, elle se sentit glisser, elle fit une ultime tentative pour rester

A l’orée de l’œil mais la pression était trop importante, elle lâcha prise

Roula sur la joue à la vue de tout le monde, la main trop lente, ne l’essuya

Que trop tard, il la regardait couler sur le visage de sa tendre, il plissa des yeux

La petite larme, désarmée, continua sa chute dans le cou de sa maîtresse

La main la cueillie tranquillement avec l’index et la garda un moment contre elle

La petite larme se liquéfia et disparue son l’effet de la chaleur tendre.

 

 

 

Le visage s’effaça alors du mur blanc, le paradis s’en fut très loin d’elle

Ramenant les souffrances des jours derniers à la surface de son cœur meurtrie

Plus rien ne l’obligeait à se lever,; elle s’allongea sur le lit, laissant pendre

Un pan de sa robe de chambre vers l’extérieur droit de sa couche en ferraille

Il le lui avait si souvent dit: Je ne veux pas que tu pleures, ni par bonheur

Ni par tristesse, ni par fatigue, ni … Elle ferma les yeux, s’enfoncer dans le néant

La douleur la clouait une fois de plus sur place, comment peut-on continuer?

 

Enfermée dans sa chambre depuis si longtemps, elle n’espérait plus, ne croyait plus

Elle savait que jamais, à l’avenir, il ne se tiendrait devant elle, heureux de la voir

Jamais elle ne le reverrait plisser le front face à une de ses maladresses, jamais…

L’infirmière est encore passée lui donner ses médicaments, elle ne les aime pas

Il lui font croire qu’il est encore là,qu’il ne l’a pas abandonner un jour de Mai

Sans rien dire, sans lui donner la plus petite parcelle d’explication, comme ça!

Elle va dormir, comme tous les jours, plus rien ne la tient éveiller, à quoi bon?