dimanche, 20 juillet 2008

Rencontre sur internet

 

-« Minuit! Zut! Je vais encore avoir une mine de papier mâché! » Mariam ferme précipitamment ses applications, coupe les conversations du net et s’empresse d’éteindre l’ordinateur. Encore une soirée perdue à discuter avec des internautes qu’elle ne connaît pas, qu’elle ne connaîtra probablement jamais et qui ne lui seront d’aucune utilité le jour où elle aura besoin d’aide. Elle sait qu’elle a tort de se comporter de la sorte, qu‘à son âge, ce n‘est pas sérieux

Son travail, assez physique, commence sérieusement à en pâtir. La fatigue se fait sentir de plus en plus, les journées deviennent interminables. Son boulot, qui ne l’avait jamais vraiment passionné, l’épuise d’avantage chaque jour, le peu d’intérêt qu’elle y portait s’estompe à chaque connexion. Dès que ses enfants sont au lit, que son mari lui laisse le champs libre, c’est-à-dire tous les soirs de retransmission de match de football, c’est plus fort que tout, elle se précipite sur l’ordinateur. Là devant l’écran, c’est un autre univers qui s’offre à elle. Entre rêve et réalité, elle explore son monde!

Comme beaucoup, Mariam possède plusieurs blogs: un blog pour écrire des histoires fantastiques; un autre pour écrire des histoires courantes; un autre encore pour faire partager ses humeurs du moment; encore un parce qu’il est de bon ton d’en avoir un chez ce groupement de blog; un quasi inactif parce qu’il vient d’une invitation d’un ami d’un ami du net, un total inconnu en clair; et un dernier dont elle a oublié le nom depuis longtemps. Une heure en moyenne pour vaquer de l’un à l’autre, vérifier les commentaires, y répondre, voir les amis du même groupe, passer sur les blogs des amis venus vous saluer. Puis, Mariam se rend sur tous les forums où elle s’est inscrite. Sautant d’un forum sur la cuisine à un forum sur son acteur favoris, elle laisse à chaque fois un petit commentaire, histoire de bien montrer qu’elle s’implique totalement dans la vie du groupe. Encore une heure de perdue, une discussion ou deux sur tout et sur rien puis, enfin, elle peut se consacrer à sa petite passion: écrire.

L’histoire se déroule dans sa tête et sur l’écran, les doigts courent d’une touche à l’autre, n’écoutant que le texte qui défile dans le cerveau de Mariam. Les personnages prennent vie, évoluent, se battent pour rester dans le récit pendant que d’autre s’aime sans se soucier du bien fonder de leur présence. Mariam s’acharne sur le clavier, se bat contre l’orthographe, sa bête noire depuis tout le temps. Rectifie courageusement les accords, se trompant, renouvelant ses efforts, puis, le texte abouti, elle le poste sur les blogs concernés.

Le chapitre fantastique lui à pris moins de temps à écrire que l’histoire à l’eau de rose qu’elle tente désespérément de mettre en forme. Un conte entre deux jeunes gens qui aiment la moto, qui font tout ce qu’ils peuvent pour s’en sortir alors que plus de la moitié des lecteurs ont déjà compris qu’ils étaient atteint du syndrome de Roméo et Juliette, la seule issue possible est la séparation, peut-être même la mort d’un des deux protagonistes, voir les deux pour faire mélodramatique.

Doucement, faisant le moins de bruit possible, elle pousse sa chaise râle contre elle en se prenant les pieds dans les fils qui courent dans le salon. Il va falloir qu’elle se décide enfin à faire quelque chose pour tout ces câbles, on se croirait dans un magasin d’électricité, enfin, un petit magasin tenu par un commerçant des plus désordonné! Pas question de compter sur son mari pour le faire à sa place, si personne ne lui donne l’idée, elle ne viendra pas toute seule. Le plus silencieusement possible, glissant presque sur le carrelage, Mariam regagne la chambre conjugal. Son mari dort déjà, pourtant les derniers résultats de foot sont tombés il n’y a pas très longtemps!

Mariam a cessé de s’étonner des réactions de son époux; cela fait huit ans qu’elle a compris: elle n’excite plus son homme.. La naissance de leur dernière fille avait mis un terme à leur libido. Au début, elle en éprouvait du chagrins, puis, après bien des tentatives pour le reconquérir, elle s’est fait une raison.

Ce soir, cela fera quatre mois qu‘il ne l‘a pas toucher mots de têtes, fatigue, ou tout autres raisons plus nulles les unes que les autres.

Doucement, elle se glisse sous la couette et moins de cinq minutes plus tard, Morphée la guide dans le labyrinthe des rêves. Comme toutes les nuits, ses rêves l’entraînent dans des mondes étranges et merveilleux, dans des mondes sans soucis, sans problème, dans des mondes où elle est aimée et adorée.

- « Dans cette dernière partie de l’émission, nous écouterons… »

Mariam ne sait pas ce qu’il écouteront, son mari vient de déposer une main rageuse sur le pauvre réveil qui ne fait que son travail. De son coté, le sien est muet, il y a bien longtemps qu’elle ne le mets plus, à quoi ça sert quand on se lève en même temps que l’homme qui s’extirpe avec difficulté de son lit. Craquant et maugréant, il se dirige vers la salle de bain, pendant que sa femme revêt la première chose qu’elle trouve sous la main. Le froid de la nuit la fait frissonner: c’est un crime de les obliger à se lever dès quatre heures du matin.

L’homme avait allumé la cafetière avant de se précipiter sous la douche, l’odeur de café lui soulève le cœur. Sa boisson favorite, mais pas à quatre heure du matin. Pourtant, Mariam s’en verse une tasse, il faut tenir, les odeurs à venir seront encore pire pour son estomac.

Elle n’a même pas encore porté sa tasse à ses lèvres que le mari sort de la salle de bain, pénètre dans la cuisine, s‘installe pour son petit déjeuner, aucun mots ne seront prononcés avant le magasin. Mariam sort aussitôt, elle ne supporte pas de le regarder manger le matin, encore pire que l’odeur du café. Sa chambre est son refuge, le livre son évasion. Bien sur, elle n’a que le temps de lire une dizaine de pages, mais cela lui suffit à se sentir mieux.

Au même moment,les deux époux sont prêt. Le froid de la maison ne leur avait pas menti, dehors s’est pire. Mariam tente de se camoufler dans son manteau, son écharpe et ses gants. Si la chaleur du lit est encore accroché à son corps, dans quelques minutes, elle laissera la place à la réalité du froid. Cinq minutes de marche, les rues désertes, deux rencontres avec des travailleurs de la nuit, ils sont devant la porte de l’épicerie du 1 rue du Commerce. Magasin de proximité qui,malgré la concurrence des grandes surfaces attirent une clientèle éclectique et charmante. Le chiffre est atteint tous les jours, les périmés frais sont raisonnable, ils peuvent s’estimer heureux de leur travail. Et si ce n’était ces levés tôt le matin, tout irait bien.

- « Salut, ça va ce matin? » Le livreur de frais est pareil à lui-même ce matin: heureux de vivre. Toujours content, toujours blaguant, il est même le rayon de soleil de ce début de journée pour Mariam. Elle aime à discuter avec lui, mais l’homme dit qu’on a pas le temps, alors le camion est déchargé en deux temps trois mouvement. Pendant que les deux hommes finissent de remplir les bons de livraison et de réception, Mariam commence de remplir les frigos, comme s’il ne faisait pas assez froid!

- « Allez salut, à jeudi! Et amusez-vous bien! » Le voilà reparti, le magasin devient étrangement silencieux, avec pour seul compagnie, le bruit de moteur des groupes froid. Mariam s’applique dans son rangement. Vite et bien! Son seul soucis, c’est l’odeur des saucissons et des saucisses le matin de si bonne heure. Elle a toujours eu un rapport conflictuel avec la nourriture, donc un travail dans l’alimentaire n’était sans doute pas le plus approprié. Elle a suivit son mari, parce qu’elle avait été élevé dans cette idée. Une femme suit son mari dans ce qu’il fait, dans ce qu’il dit. Et si depuis quatre mois il ne la touche pas, elle ne regardera pas ailleurs pour autant. Elle respecte sa décision et elle attend.

Bien dès fois, en lisant les magasines, il lui ai venu à l’idée qu’elle se trouvait dans l’erreur, mais comment braver une éducation cheviller au corps? Alors, se posant le moins de question possible, elle continue ainsi. Son grand mouvement féministe est dans l‘éducation portée à ses enfants.

Pour l’heure, Mariam est en retard sur son horaire, son amie Rachel vient d’arriver, elle s’occupera du ménage au magasin pendant qu’elle-même retournera chez elle pour s’occuper de ses trois enfants. Accélération, son mari vient de lui faire les gros yeux. Le dernier carton est cassé et posé dans la réserve, le bon de livraison sur le bureau et contrôlé, tout va bien. Il ne lui faudra que dix minutes pour finir au magasin et arriver à la maison. Les enfants dorment encore, il n’est que six heures trente. Mariam s’offre un petit déjeuner devant l’ordinateur. Il ne le sait pas mais elle s’autorise tous les matins une virée sur la toile, et depuis quelque jours, une heure pendant que les enfants font leur devoir à dix sept heures. Elle sait qu’elle se perd dans des rêves, des utopies d’amitiés, rien ne l’arrête. C’est avec joie qu’elle accepte son addiction, ces moments qui lui font oubliés le quotidien et l’ennui profond qui ont fait leur nid en elle.

La lumière de l’écran éclaire le salon, Mariam n’a pas allumé le plafonnier pour ne pas déranger les enfants bien qu’ils dorment tous dans leur propre chambre. La connexion prend son temps, pendant ce temps, elle termine sa tasse de café. La page s’ouvre enfin, quelques messages, probablement, des spams mais qu’importe, elle a quelque chose à lire. Pianotant gaiement sur le clavier, Mariam est partie dans son rêve informatique. Elle consulte le nombre de visiteurs sur ses blogs, autant de victoire personnelle sur la médiocrité de ses journées. Une petite fenêtre s’ouvre dans l’angle gauche de son écran:

- « Bonjour! »
Elle lit l’adresse, elle ne reconnaît ni le nom, ne l’adresse e-mail, la prudence lui conseille de tout fermer, ce qu’elle fait sans se poser plus de question et continue à voyager dans son monde.
- « Bonjour! » lance alors une petite voix ensommeillée. Mariam se retourne, sa petite dernière se tient sur le pas de la porte du salon, les pieds nus et se frottant les yeux. En deux clics et trois mouvement, l’ordinateur est coupé, Mariam retourne dans sa vie de tous les jours.

 

lundi, 14 juillet 2008

Un jour...On sait!

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C'est comme une évidence qui vous tombe dessus, un jour on sait!
Comme c'est grisant ce sentiment de savoir, on se sent possesseur d'un secret à nul autre pareil.
Il nous porte vers des cieux plus bleus. Tout à coups, on sait que nous sommes propriétaires de notre vie, que  nous en sommes les conducteurs, juste parce que, subitement, l'évidence nous saute au yeux et on sait.
Que sait-on réellement?
Cela dépend:
On a 7 ans et un matin en se réveillant, une après-midi en jouant, un soir, comme ça, on sait quel métier on fera plus tard. c'est une évidence qui nous colle à la peau et rien ne nous fera en démordre.
On a 20, 30, 40, ou plus, il ou elle est devant nous, et on sait! C'est une évidence, on sait que c'est celle-la et nulle autre. C'est avec cette personne que l'on va faire sa vie. C'est elle qui nous guidera vers la vieillesse, et nous écoutera les jours de pluie et de grisaille.
On a les mêmes âges, les jours se sont écoulés et l'amour tiède qui nous berçait à laisser la place à cette évidence: on ne l'aime pas!
La rupture devient alors inévitable!
On n'aime plus l'autre que l'on croyait aimer, et le pire, c'est qu'il n'y a pas de raison particulière, c'est juste une évidence. Pas de ceci, pas de cela, une évidence!
La vie est parsemée de ces moments de totales ententes avec nous même, pourquoi ne pas les écouter au moment où elles arrivent, toutes ces évidences que nous laissons filés sans s'y fier?
Ce matin, comme une évidence, je sais!
Elle s'est imposée à moi avec la clarté d'un matin d'été, d'un matin tranquille et serein, de ces matins qui nous font aimer la vie. Elle était devant moi, et jamais jusqu'alors je n'avais eu le courage de la regarder. Elle était tellement évidente cette évidence que j'ai failli la laisser passer... Incroyable!
Je suis libre!
Cela peut-paraître idiot comme constatation, surtout lancer comme ça, sans détour, aussi franchement! Mais pourtant, cela est vrai! Je suis libre!
Comment ai-je pu me laisser attacher si longtemps à un rêve, à une envie, à une lubie, à une erreur?
Je suis libre parce que je te porte un amour infini et puissant.
Je t'aime plus que je ne pourrais aimer quiconque aujourd'hui, demain ou jamais!
Il me protège, il me porte, il est puissant!
Grâce à lui, je me sens plus forte, plus résistante. Il me garde des autres, il me garde des inquiétudes à venir. Il m'est important parce que tu ne le partages pas. Paradoxale! Tu ne partages pas l'amour que je te porte soit parce que tu le refuses, soit parce que tu le nies, soit parce qu'il n'est pas né chez toi. Tu m'as pourtant donné le plus pur et le plus grand des bonheurs quand tu m'as aimé, quand tu m'as guidé, qu'importe aujourd'hui ton absence, qu'importe tes doutes: je sais qui je suis, ce que je ressens. Je suis en paix avec moi et pour cela je te remercie.
Je sais que je peux faire ma vie seule, sans me poser de questions. Je sais que mes possibilités sont énormes et que je pourrais aller plus loin chaque jour. Grâce à lui, je sais que je n'ai plus peur d'avancer seule.
Tu me dis qu'il me faut que je trouve un autre homme, mais il est hors de question que cela se fasse! Aucun ne pourra remplacer l'amour que je te porte. Tu te sens triste à l'idée que je finirais ma vie seule? Et alors? La vie n'est pas forcément une vie à deux! C'est une multitude de jours que l'on remplie consciencieusement avec bonheur. Je m'affranchis des conquêtes, des bassesses, des compromis que je se suis pas capable de faire.
Le fait même de t'aimer me mets à l'abri d'éventuelles rencontres, parades, complications à venir.
Je porte cet amour avec béatitude sur la route du bien être, je prends en main ma vie.
Je ne t'attends pas, car t'attendre voudrait dire mettre ma vie entre parenthèse et je ne le veux plus. Je veux profiter de chaque instant!
Je ne t'attendrais pas car il n'y a aucune raison que je le fasse.
Je continuerais à t'espérer, comme je le fais à chaque instant de ma vie. Tu seras le plus qui comblera ma vie bien heureuse.
Je ne chercherais pas d'autres mains que les tiennes, ni d'autres lèvres, ni un autre corps à épouser le mien. Je ne veux pas d'ertzat de toi!
Je savais que je ne pouvais pas d'imposer ma différence, que mon passé serait trop lourd pour toi.
Je savais que tu ne pourrais m'imposer aux tiens, je savais que nos cultures étaient antinomiques et que tu n'avais pas les épaules pour les affronter. Je le savais, même si je me suis aveuglée quelques mois.
Ne t'inquiète pas, je ne te demanderais rien en retour, comme je ne t'ai jamais rien demandé. T'aimer me suffit, aussi étrange que cela puisse paraître.  Tu m'as donné un vrai bonheur et je ne le salirai pas dans les bras d'un autre.
Bir Tanem, sevgilim
Tu es et tu resteras celui qui m'a rendu la liberté d'être heureuse si je le veux.
C'est une évidence qui s'est imposée à moi ce matin, elle a séchée trois mois de larmes, cicatrisée mon coeur de ta séparation.

 

dimanche, 01 juin 2008

Francine

Depuis le jour, où seule face à son miroir, Francine s'aperçu qu'elle était vieille, la quadra refusait tout contact humain en dehors des personnes par elle reconnues sans danger pour son image. Était-ce réellement la vision des petites rides naissantes, les deux trois cheveux blancs qui l'effrayaient à ce point?
Si Francine avait été réellement honnête, elle se serait réellement interrogée sur la raison profonde du malaise qui s'installait. Mais s'interroger c'est aussi risquer de se faire encore plus de mal qu'elle n'avait déjà.
La journée commençait invariablement de la même façon: il fallait chasser la déprime avant que celle-ci ne l'empêche de mettre un pied par terre. Francine, le radio-réveil coincé sur France-musique se laissait bercé par le morceau classique du moment. Elle aimait les réveils en compagnie de Beethoven ou de Wagner. Elle trouvait que ça lui donnait la pêche alors que Chopin la condamnait à être une âme errante toute la journée. Dès qu'elle entendait la moindre note mélancolique, elle zapait sur une radio de hardrock, histoire de lui booster la tête. A défaut, elle piochait dans sa "Cédé-thèque" personnelle et s'étourdissait des vieux morceaux de Ledzeppelin ou de Motorhead. Un dépakote pour anéantir les humeurs, deux ou trois les jours de déprime grave, et elle se levait enfin!
Dit comme ça, on a l'impression qu'elle a pris des heures avant d'oser poser le pied par terre, mais en fait il ne faut que quelques minutes, tentez et vous le constaterez par vous même. La déprime parait tellement plus longue, tout se fait dans la lenteur, dans la poussière. Tout est sale derrière des lunettes de déprime! 
Puis, comme beaucoup de monde, Francine entrait dans la cuisine, il fallait préparer le petit-déjeuner de ses "fauves" comme elle aimait à les appeler mais qui étaient, en réalité, trois adorables enfants, qui avaient tous l'avantage d'être soit pré-ado soit ado. De charmants ados, pas ceux dont on faisait fréquemment le portrait à la tlé ou dans les film à sensations. Elle ne se plaignait pas, elle avait su instaurer un dialogue constructif avec eux et pour le moment tout se passait bien. L'aînée suivait sa scolarité sans soucis, le second peinait par fainéantise, et la dernière, qui n'aimait pas l'école, faisait ce qu'elle pouvait pour ne pas redoubler Bien sur ce n'était pas non plus des anges, elle devait de temps en temps élever la voix, mais si peu. Elle aimait les crises de fou-rires qui accompagnaient souvent leur repas du soir, le seul qu'ils puissent prendre ensemble. Celui où chacun prenait enfin le temps de décompresser et de parler de ses soucis. Seule Francine, elle est la mère, taisait ses angoisses profondes et les seuls soucis qu'elle accepta de leur confier était les soucis financier du moment. Son salaire n'était pas négligeable, certes, mais ils étaient à quatre sur ce seul revenu! Les enfants ne se plaignaient pas de ce manque financier, ils étaient bien à la maison, alors ils s'arrangeaient avec ce qu'ils avaient. Chacun y mettait de la bonne volonté et la maison tournait correctement.
Les vacances scolaires étaient de ses jours où Francine accumulait la dose de médicament au levée. Les enfants chez leurs pères respectifs, pères qui ne manqueraient pas de se féliciter pour la bonne éducation de leur progéniture alors que leur plus dur travail était de signer le chèque à la fin du mois. Pères qui ne se gênerait pas pour lui faire de remarque post vacances, comme s'ils connaissaient quelques choses à leurs enfants, il faudrait pour cela qu'ils prennent la peine de leur téléphoner un peu plus qu'une ou deux fois tous les trois mois! Ils seront là à se féliciter et à se congratuler d'avoir d'adorables étudiants, de merveilleux enfants sachant être poli! Bien que ce comportement la rendait souvent très malade, elle se gardait de toutes réflexions à l'encontre des géniteurs devant les enfants, ils devaient respecter leur père comme elle-même, c'était une condition essentielle pour la bonne évolution de ses chérubins avait décrété Francine après une ultime dispute avec le père de la dernière.
Pour son  évolution et son bien être, Francine avait fait l'impasse dessus quand il lui avait fait comprendre qu'elle était ...
Bref quand on est nulle en amour, on est nulle! Francine s'était faite une raison, et sa ligne de conduite, aujourd'hui restait: Mieux vaut être seule que mal accompagné!
Surtout depuis, il y a quelques siècles? Non, quelques semaines, elle avait cru! Mais qu'avait-elle cru encore? Que pour une fois elle serait moins cruche? Ou que quelqu'un quelque part l'attendait? Il faut être écrivain pour croire ce genre de chose!
Depuis sa naissance, personne ne l'avait attendu, elle n'avait pas fait de psychothérapie pour autant, elle n'avait pas eu de phénomène de "résilience", elle était la même meurtrie que ce bébé née il y a plus de quarante ans.
Ce soir-là, Francine, était seule à la maison, c'était les vacances. N'étaient autorisées à entrer chez elle, les ami(e)s des enfants et ses amies à elle. Elle n'attendait plus rien de la vie, mais surtout elle n'espérait plus rien. Cette absence d'espoir désolait ses amies et sa famille, tous lui répétaient à longueur de temps qu'il ne fallait pas désespérer, qu'elle était encore jeune, qu'il y avait bien un homme sur cette terre à qui elle plairait et avec qui elle ferait sa vie.
Cela avait le don de l'exaspérer au plus au point, comment pouvaient-ils être aussi insensible à sa douleur? Comment pouvaient-ils imaginer qu'elle allait remiser au fond d'un grenier intérieur les derniers mois, les derniers jours, les derniers bonheur parce qu'il l'avait ... Parce qu'il était ... Parce qu'il mentait! Parce qu'il lui avait mentit!
Ce soir-là, la télé déversait son flot d'image au seul canapé posé devant elle. La pièce s'illuminait et s'affadissait régulièrement. Francine avait quitté le salon depuis longtemps. Allonger sur son lit, une photo dans les mains, leur photo, celle de l'époque où elle croyait que...  Francine pleurait!
Il lui avait pourtant dit de ne pas pleurer, que ce n'était pas une fin en soit!
Elle avait plus de quarante ans, trois enfants (ils n'étaient même pas d'un père unique), elle mesurait combien il lui faudrait s'habituer à cette solitude parce que la fierté mal placée des hommes la condamnait à n'être rien. Comme l'avait condamner son père à sa naissance!
Comme le lui avait rappelé celui à qui elle avait confié son âme et sa vie et qui les lui avait brisé sans espoir. Il ne lui avait pas dit vraiment qu'il la quittait parce qu'elle présentait des handicapes qu'il ne se sentait pas capable de surmonter. Mais elle avait sentit que derrière ses paroles se cachait une vérité qu'il tairait, par honte de lui-même. L'homme fort cédait devant la panique!
Elle aimait l'idée d'être abandonner parce qu'elle avait eu une vie dissolue et trois enfants pour le rappeler, plutôt qu'à cause de son caractère. Son père le lui avait si souvent répéter: " Toi et ton sale caractère!"
Ce soir-là, elle pleurait de n'avoir pas le courage de suicider et de confier ses enfants à leurs pères.
Ce soir-là, elle pleurait de n'avoir plus assez confiance en eux pour leur confier ces être qui étaient tout pour elle.
Mais comme toutes choses arrivent à leur terme à un moment ou à un autre, les larmes se tarirent.
Elle savait à présent qu'elle continuerait à vivre ainsi, seule avec son amour pour lui planqué au fond d'elle, espérant qu'il ne se réveille pas trop souvent, évitant ainsi la souffrance qui lui vrillait le corps. Espérant ne pas vivre trop longtemps avec ce fer brûlant à l'intérieur, espérant pouvoir vivre à coté sans en ressentir les effets.
Francine s'était aperçu qu'elle vieillissait parce qu'il était loin aujourd'hui et qu'il avait été le seul qu'elle ait réellement aimé. Elle le garderait contre elle, encore et encore. Elle s'en servirait comme armure contre les potentiels humains qui oseraient croire que l'on peut se lier avec elle et la jeter comme on jette un mouchoir en papier. Elle dormirait avec son image accrocher à sa rétine, et se lèverait avec son sourire devant les yeux. Sourire qu'elle effacerait à coups de médicaments. Elle sentirait ses mains sur son corps et irait se perdre dans des relations sans lendemains pour calmer les chairs jusqu'à ce qu'elles se calment d'elles-mêmes, cela arrive au bout d'un temps. On s'aperçoit qu'elles ne vous réveillent plus la nuit, qu'elles ne vous titillent plus à la vue d'un bel homme, d'un sourire. Elle s'affadira doucement, et y prendra plaisir, elle respectera la promesse qu'elle s'est faite: " Je n'aimerais jamais plus un homme, lui seul m'accompagnera jusqu'à ma tombe, même si je me fais inciner!"
Parce que même meurtrie, Francine avait toujours son humour idiot, ou à deux balles comme disent ses enfants.
Bref, ce soir-là, comme beaucoup avant, et beaucoup d'autres après, Francine s'endormie épuisée d'avoir trop pleuré!
La télé tourne encore dans le salon et le canapé en a marre de regarder toujours les même programmes!

lundi, 14 avril 2008

Fausse bonne nouvelle!

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Depuis la fin du mois d'août, mon mari et moi-même en parlions sérieusement. Le sujet avait déjà été abordé ces derniers mois, mais à notre retour de vacances, il s'était imposé à nous, comme une évidence: il nous fallait changer de vie!
Nous étions d'accord pour dire que cette vie ne nous apportait plus rien d'intéressant. Elle nous peinait, nous freinait, nous handicapait.
Mon mari traînait un bourdon qui s'éternisait et, moi, ma vision des choses s'assombrissait de plus en plus.
Alors, quand je tombais malade la première fois, il n'eu plus de doute possible! Mon hospitalisation nous confortait dans nos choix.
Il devenait urgent de changer de travail!

Depuis maintenant 4 ans, nous tenions une supérette dans un charmant petit bourg de province. Nous aimions ce que nous faisions, nous aimions nos clients, rien, a priori ne nous aurait fait changer d'avis. Alors pourquoi vouloir en partir, me direz-vous? Pour des raisons aussi ridicules que simples!
La toute première venait du froid! Nous avions tout le temps froid, en permanence, été comme hiver. Cela est futile, nous le savons, mais nous ne le supportions plus. Je ne le supportais plus, pour être honnête! Ce froid en permanence, être engoncés dans de chauds vêtements toute l'année, m'épuisait. J'avais beau me raisonner, m'obliger à voir les choses en face, à refuser de me comporter comme une enfant, je n'en pouvais plus d'avoir froid. Mon mari me comprenait, du moins le croyais-je.
Ensuite, nous nous entendions de moins en moins avec le directeur de région.
Nous ressemblions à des commerçants, nous en avions les responsabilités vis-à-vis de la clientèle, mais nous n'envions ni le statut, ni la liberté de travail. Nous étions gérants pour une grande enseigne nationale. Nous étions désolés à l'idée de nous séparer de notre activité, nous aimions ce que nous faisions, mais il n'y avait pas moyen de discuter; la politique commerciale s'était métamorphosée pour le bien des magasins alors que nous, hommes de terrain, nous apercevions qu'elle pénalisait surtout les bonnes volontés. Nous nous sentions les ailes coupées, incapable d'avancer ou de faire progresser le chiffre d'affaire. Nous ne supportions plus les récriminations perpétuelles pour des changements idiots, des comportements irresponsables au sein de la direction. Nous regardions, peinés, nos aînés de 10 voir 15 ans quitter la société pour les raisons qui nous chagrinaient. Nous comptions tous les mois les fuites et les départs, les fermetures provisoires et définitives. Nous avions l'impressions que rien ni personne ne serait à même d'arrêter l'hémorragie de gérants. C'est les idées noires  et la motivation en berne que nous allions au magasin effectuer nos 50 heures par semaine.
Nous ne savions plus comment faire pour continuer à insuffler la vie nécessaire à notre commerce afin de le faire progresser. Mon mari grognait en permanence et j'étais de plus en plus souvent absente. Mon arrêt de 15 jours à mis un terme à tout espoir de continuité dans cet activité. Notre décision était sans appel: le premier des deux qui trouvait un autre travail permettait au deux de quitter cette société.

C'est pourquoi, quand en Décembre de cette année, je reçu la réponse téléphonique du recruteur de cette grande boite de Bazar, notre joie était sincère. Nous allions enfin quitter ce lieu froid et cette direction détestable!
J'étais prise dans une grande enseigne à un poste que j'avais déjà occupé, donc sans grandes difficultés d'adaptation pour moi. Mon mari savait qu'il ne resterait pas longtemps sans emploi, nous envisagions enfin l'avenir sous d'autres hospices. Nous avions des rêves d'avenir, chose qui ne nous était plus arriver depuis plusieurs mois déjà.
Je dois signaler que notre couple avait été mis en sérieuse difficulté, et nous cherchions le meilleur moyen de rester soudé. Les mots séparations et divorce avaient été prononcé à plusieurs reprises, nous espérions sincèrement qu'il n'était pas encore trop tard!
Cette réponse nous donnait enfin le bol d'air que nous attendions!
J'avais passé le dernier entretien sans trop de difficulté et nous étions confiant quant à la suite des évènements.
Au mois de Janvier, à la fin du mois pour être précise, nous avions terminé l'inventaire de cession de la supérette, nous donnions les clés à nos remplaçants. Je dois avouer que je ressentis un pincement au coeur quand je remarquais la désinvolture avec laquelle ils prenaient possession du magasin. Je craignais qu'ils ne fussent pas à la hauteur de la tâche que nous leur demandions.
Après le pot de départ offert aux commerçants de la rue, nous les quittions le coeur à la fois gros et léger.
Le lundi suivant, soit deux jours après l'inventaire, je me rendis sur le lieu de formation aux techniques de cette nouvelle société, distant de 200 km de chez mois. Je m'engageais à quitter ma famille pendant un mois au moins.
Cela fut plus difficile que je ne le cru de laisser derrière moi mes chérubins, même s'ils ne sont plus en bas âge, même si leur père était là pour s'occuper d'eux. Jusqu'à l'ors, j'avais pris en main leur éducation, leurs histoires, leurs rires et leurs peines. Je me demandais comment ils feraient pour s'en sortir sans moi.
Je m'étais tout de même engager à suivre la formation sans rien dire, le plus sagement possible afin de ne pas rater cette place que je désirais plus que tout. J'aimais le travail, et j'ambitionnais sérieusement de finir ma carrière sous cette enseigne!

vendredi, 04 avril 2008

Errance

1231424927.jpgLa matinée s'étirait comme d'habitude, sans attrait particulier. Lasse de tourner en rond dans mon chez les autres, je claque la porte et la ferme à clé, on ne sait jamais.
D'un pas assuré, perché sur mes talons, je m'engage dans la rue principale, celle du centre ville. Ce n'est pas que j'ai une destination bien précise, cette ville m'est totalement inconnue. Seulement une fois dehors, il faut bien faire quelque chose. Rester planter sur le trottoir comme une courge n'a jamais été ce que je préfère, alors je mets un pieds devant l'autre et j'avance. Des piétons me croisent, certains me heurtent doucement, ils me sortent de ma léthargie. Mes pas résonnent sur les pavés; pourquoi toutes les communes d'aujourd'hui se croient-elles obligées de nous fusiller les chevilles avec ces morceaux de pierres inégales?
Mon regard se porte sur les panneaux de signalisations, je me souviens que je suis dans une ville touristique avec ce quelque chose qui attire les foules sans que je ne comprenne vraiment pourquoi.
Peu importe, comme tous les autres moutons avant moi, je suis les indications, peut-être y trouverais-je un quelconque amusement?
La charmante petite rue si typique et si représentative de l'architecture du coin est fermée; deux hommes vêtus de gris s'esquintent le dos, les oreilles et la vie à creuser dans le bitume, ce n'est plus son époque et pas celle d'avant. Comme les autres, je fais demi-tour et reviens sur la grande place. Je tourne un peu en rond puis m'engage dans une rue transversale. Ce n'est qu'une longue succession de commerces sans fin, de ces rues qui vous font regretter d'y avoir mis les pieds. Le pôle d'attraction du coin est en sécurité, il est gardé par des dizaines de commerçants soucieux de leur chiffre d'affaire. En cas de possibles dégâts, la chambre du commerce, les associations de commerçants se réuniraient bien vite pour soigner la fuite des capitaux. Toutes les boutiques se ressemblent, vendent toutes la même chose, toutes la même clientèle de vieilles dames soucieuses de n'oublier le cadeaux de personnes, et de combler les petits enfants d'un souvenirs de voyage. Souvenirs que les petits-enfants relégueront dans un coin de placard, comme ils relèguent le souvenir de leur grand-mère dans un coin de leur mémoire.  Un jour, en déménageant, ils retomberont peut-être dessus, et les souvenirs afflueront par dizaines. Que l'on est aimé le donateur ou pas, la mémoire fera son oeuvre et enverra ses images qui font souffrir. Celle d'un temps passé, trop passé, et qui nous montre que nous sommes tous égaux face au temps qui passe.
Alors que je laisse ma pensée s'engouffrer dans des méandres inutiles, mes pas m'approche du sanctuaire -parce que c'est un sanctuaire que je suis sensée aller voir-. Je comprends enfin le sens de tous ces bibeloteries religieuses qui pendent aux devantures des échoppes. Je comprends mieux pourquoi ces magasins sont ouvert sur la rue et pas enfermés derrière une vitrine et une porte avec un joli son de carillon quand on y entre. Devant l'entrée du gigantesque aimant à touristes, à religieux, à croyants, ne faisant partie ni des uns, ni des autres, je tourne le dos à ce miracle de notre société et retourne dans une autre rue commerçante, côtoyer le bruit des passants, sentir les odeurs des repas à venir; il est presque midi. Cela fait un moment que je ne sais plus où je suis, mais cela n'a aucune importance, je n'ai rien à faire aujourd'hui, ni demain, ni même après-demain. Alors que je mange à midi ou à quatorze heure, que je jeun ou que je me gave, qu'est-ce que ça peut bien faire.
Ils me l'ont dit je ne suis plus "assez" jeune!
"ASSEZ"! Ils ne pouvaient pas dire que j'étais trop vieille, c'était tout de même plus simple! Plus "assez" jeune pour faire ce métier! Je shoote dans une petite pierre avec autant de force qu'un calamar handicapé, il roule devant moi en me narguant. Il semble me dire:
- Tu n'as pas "assez" de force pour m'envoyer loin. C'est parce que tu n'es plus "assez" jeune pour le faire!
Je peste toute seule, intérieurement, je ne voudrais pas qu'en plus, on me prenne pour une gâteuse. Je n'en peux plus de tout ce commerce, je veux retrouver un peu de calme, un grand escalier vient à ma rescousse. Je marche avec de hauts talons depuis si longtemps que je n'éprouve aucune difficultés à grimper ces marches qui n'en finissent pas. Je débouche dans une petite rue libérée du mercantilisme ambiant. Il n'y a que maisons et l'arrière d'un hôtel, les cuisines, je pense. Deux femmes de ménage sortent précipitamment pour fumer cette cigarette montrer comme ennemi numéro un dans nos vies. Je les évite de justesse, elles sourient, je leur réponds. Dieu! qu'est-ce qu'elles ressemblent à des femmes de ménage! Si semblable à ces images véhiculées depuis l'enfance, coincées dans notre banque de donnée intérieur qui gouvernent notre inconscient.
La rue me fait tournée en rond, elle me conduit droit, la traîtresse, dans une rue passante. Haussant les épaules de dépit, j'accepte le coup du sort et suis sans discuter. Des pompiers, des gens le regards tournés vers la montagne; comme les autres je lève la tête. Comme les autres, je vois de la fumée sortir de derrière l'hôtel. J'entends les commentaires des commerçants sortis sur le devant de leur boutique, il semble que pour les pompiers ce n'est pas une partie de plaisir au regard de la difficulté d'accès. Sans doute! Sans m'y attarder plus que ça, je continue ma progression, un moment ou un autre je finirais par retrouver ma rue, je le sais, il en est toujours ainsi!
Au carrefour, je m'arrête devant le spectacle muet des policiers qui se transmettent des ordres alors que la scie à bitume résonne à fond. Mes souvenirs se mêlent les uns aux autres et me tranquillise, je suis passée pas si loin que ça, donc tout va bien!


Les dernières heures désagréables que j'ai vécues s'étaient effacer devant mon besoin de promenade, maintenant qu'elles sentent la fin arriver, elles reviennent en force et la scène de la veille se rejoue devant mes yeux. Elle se rejoue, et rejoue encore, à guichet fermé!

Plus "assez" jeune! Cela se voit de plus en plus! J'hallucine! J'ai envie d'ouvrir un magasin dans cette bondieuserie de ville, un magasin qui s'appellerait au "Black Sabbat!". Tout pour leur contraire, et comme le parking du Paradis se trouve en contre bas, mon enfer les dominerait.
Un groupe de touristes italiens m'entraine avec eux vers la grande place, je me souviens qu'il me faut du pain.
Mon univers s'est écroulé, et le quotidien reste vivant. La vendeuse est semblable aux autres vendeuses, ni plus agréable, ni moins. Je souris, parce que je souris aux vendeuses, aux commerçants, aux médecins, aux policiers, à tous le monde, sauf, maintenant à cet abrutis de supérieur qui m'a jugé trop vieille pour continuer à me produire chez lui, dans son établissement miteux et sans prétentieux, seulement occupé par quelques poivrots impotents. 
La porte se referme sur moi, je m'y adosse. Des larmes coulent sur mon visage, creusent des sillons dans le fond de teint. Je sais, j'en mets de trop, j'en ai toujours mis de trop. J'ai envie d'hurler mais mon éducation me l'interdit, ou c'est moi qui me l'interdit, je me sens si minable, si rien!
Je pose le pain sur la table, prend le temps de me déchausser, de ranger mes chaussures convenablement dans le porte chaussures et je monte l'escalier jusquà la salle de bain. Ce sera le seul escalier que je monterais à présent, plus de lumières, plus de strass, plus de musique. Encore mes quelques heures de muscu toutes les semaines pour rester en forme, et puis?
Lentement, je me démaquille, le Rimmel a coulé laissant des chemins noirs sur mon visage, de ces chemins qui accusent l'age. Doucement, je retire les séquelles du temps, du moins, je le crois. Petit à petit, ma peau se découvre, on aperçoit déjà une légère couleur bleue sur mes joues.
Ils avaient peut-être raison, le temps aurait-il creusé son nid sur mon visage et saccagé ce que la nature m'avait donné? Je redécouvre mes yeux. Depuis toutes ses années, j'avais oublié à quoi ils ressemblaient sans maquillage. Je les trouve encore beau, le vert-gris de l'iris met en valeur le noir de mes cils, ils sont encore brillant et vivant, pas comme ces yeux globuleux de poissons suicidaires que l'on rencontre souvent passé un certain age. Je prends le temps de me refaire un visage sain et sans cachotterie, il ne porte rien de plus qu'une crème de soin, on ne perd pas ses bonnes vielles habitudes si rapidement que cela. Je me souris, j'aime mon sourire franc et sans retenu, ses dents éclatantes et bien rangées qui savent si bien souligner la bonne santé dont je fais preuve. Le simple fait de le regarder dans le miroir et je reprends confiance en moi. J'arrange mes cheveux, me redresse de toute ma hauteur, respire bien fort et sort de la salle de bain totalement ragaillardi. Je vais l'accepter leur travail de directeur de danse, je mènerais mes danseurs à se surpasser comme je l'ai fais moi-même des années durant. J'ai à nouveau un but, je ne suis plus sans rien devant moi.

Mon manteau m'attend sur la rampe de l'escalier, je m'en saisi prestement, le jette négligemment sur mes épaules et ressort tranquillement, sereinement. La ville ne m'est plus agressive, elle a un charme que je n'avais pas encore remarqué. Ses maisons anciennes qui racontent des histoires du temps passé, qui murmurent les illusions et les désillusions des ses habitants, ceux qui sont déjà parti, ceux qui sont sur le point d'arriver. Ces maisons qui abritent jalousement des romans d'amours, de séparations, ses cris de joies et de douleurs, pour la première fois, Pierre-Marie Lekellec les voit.
Pour la première fois depuis qu'il travaille dans ces cabarets pour travestis, Pierre-Marie, ose sortir dans la rue en tant que lui-même. Oublié, balayé, envolé Kristina, grande suédoise blonde venue de son pays pour faire fortune en France. Pierre-Marie réintègre ce corps que l'homme a voulu tant et tant de fois ignoré, écorché, mutilé. Cette petite phrase si blessante de prime abord, lui a donné une décharge électrique, un coup de massue qui lui remet les idées en place. Il sait qu'il ne sera pas homme tout de suite, qu'il aura des rechutes, on ne vit pas si longtemps en s'oubliant pour se ré-apprivoiser d'un seul coup. On n'est pas quelqu'un d'autre pendant vingt ans pour que du jour au lendemain, on se rappelle qui l'on est et pourquoi l'identité avait volé en éclat.

Pierre-Marie sourit au pale soleil d'un début de printemps, il écoute les oiseaux chanter doucement dans la ville, les son lui parviennent différemment. Son pas est assuré, il n'a plus peur d'être lui-même, il n'a plus peur d'avancer et il attend les beaux jours avec une confiance dont il ne se serait jamais cru capable.

lundi, 31 mars 2008

Soirée morose

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Ce soir, je me sens sale! Sale et humiliée! Dès que je franchis la porte de chez moi, je me débarrasse de mes vêtements, les jette dans la corbeille de linge sale et me rue sous la douche. Je laisse couler l'eau chaude sur ma peau quelques secondes, puis avec le gant de crin, je frotte. Je frotte encore, ma peau prend une couleur rouge sang, ce n'est pas suffisant! Je voudrais tellement que ma tête oublie, que mon être se retrouve, je suis morcelée, détruite à l'intérieur.
Je ne sais combien de temps je suis restée sous la douche, jusqu'à ce que je ne supporte plus la chaleur de l'eau, le dégoulinement de l'eau sur mes yeux. Mes larmes se sont mêlées à la douche, elles ont crée des sillons sur mes joues, j'en suis persuadée.
Emmitouflée dans un peignoir bien rassurant, je me fais un chocolat chaud, rien d'autre ne rentrera dans mon estomac. La tasse serrée contre moi, je m'affale dans le canapé. Je suis vidée! Le canapé fait ce qu'il peut pour me réconforter, doux et accueillant, et si dur à la fois. Les larmes recommencent à couler, je ne sais comment arrêter le flot continuel envoyer par mes glandes lacrymales.
Plus d'une heure déjà que je pleure, que je me sens bête mais surtout que je me sens minable.
En me voyant ainsi, on pourrait croire qu'il m'est arrivé quelque chose de très grave, comme un viol, un décès dans la famille, une fin. Pas même! Il ne s'agit que d'un moment très banal dans notre société, de ces petits riens que l'on ne voit pas, ou que l'on préfère ne pas voir. 

Si je souffre autant ce soir, c'est à mon travail que je le dois: je subis du harcèlement! Je serais tenter de dire, juste du harcèlement! Ce n'est pas une harcèlement sexuel, de celui-là, on en parle, tout le monde sait qu'il existe, les tribunaux le condamnent. Non, juste un harcèlement moral! Juste? Le mot ne semble pas convenir à ce que je ressens ce soir. 

Elle est sur mon dos depuis son arrivée, jusqu'à mon départ. Elle me hurle dessus, je ne fais rien de bien, ce qui finit par ce justifier: je perds mes moyens et forcément, je fais des erreurs. Elle me fait courir à droite et à gauche, me demandant d'être à deux ou trois endroits à la fois. Je me démultiplie et ce n'est pas bien puisqu'il faut se concentrer sur sa tache. Je me focalise sur mon travail, et ce n'est pas bien, il faut être partout à la fois. Je ne réponds pas et baisse la tête, il aurait fallu lui répondre, elle hurle. Je réponds à sa question, le ton n'y est pas, je ne la respecte pas, elle me hurle une seconde fois dessus.
Toute la journée le micro résonne de mon prénom, les clients savent qui je suis, où je suis. Je suis partout à la fois et jamais à la bonne place. Je fais ce que l'on me dit et ai oublié les ordres les plus importants. Je marque sur des milliers de bouts de papier ce que je ne dois pas oublié, et je ne sais pas comment je fais cela, il se trouve que je n'ai pas marqué l'ordre le plus important!
Je fais tout pour respecter la procédure, mais il y a toujours quelques choses qui dérapent, et je me trompe.
- La procédure n'est pas respectée! Si tout le monde se met à faire ce qu'il veut c'est la débandade! Vous ne faites rien comme il faut!
- Pourtant, je pensais... Pourquoi ai-je employé ce mot? Je me mords la langue, je viens de réaliser mon erreur.
- Penser? Penser? Je ne vous demande pas de penser mais de respecter la procédure! Ce n'est quand même pas compliqué! Penser! Et puis quoi encore? Ici, ce n'est pas vous qui devez penser, que ce soit bien clair entre nous!
- Oui Madame!
Allez, baisse la tête, écrase toi, fais toi toute petite, ne pense pas ou alors à quelque chose d'agréable, comme chez le dentiste. Pense que tu n'es là que pour la journée, que pour cinq jours par semaine, 11h par jour. Pense que tu vas rentrer et que tu vas te retrouver, tu vas revêtir ta personnalité en sortant. Pense que ce week end, tu vas aller t'amuser quelque part. Pense à tout, sauf à cette histrionique!

Oui, mais? Mais, si je ne retrouvais plus ma personnalité en sortant? Si quelqu'un me l'avait volé, qu'est-ce que je deviendrais? Je suis à deux doigts de m'écrouler, de sombrer, je le sais, je le sens. Je ne supporterais plus longtemps ce traitement inhumain. Il me faut un travail, tout le monde me l'a dit et répéter, mais à ce prix, c'est cher payé! Je ne sais plus qui je suis, je ne me considère plus, je ne suis plus qu'une nulle qui ne sait plus rien faire dans sa vie. Je n'ai plus qu'une envie: me mettre la tête sous l'oreiller et pleurer, pleurer encore. Ou alors... Aller dans la montagne et devenir ermite. Peut-être, si je ne trouve pas de meilleure solution, me laisser tomber dans la cascade qui passe en contrebas de la route que je fais tous les jours pour aller et revenir de ce lieu infernal. Inutile d'avoir inventé l'Enfer, j'y suis déjà. C'est bien une idée de nantis d'avoir inventé un lieu ou l'on serait puni de nos mauvaises actions alors que sur terre, nous avons largement ce qu'il faut.

Il me faut travailler pour vivre! Belle rigolade! S'ils pensent que je vis ceux qui me disent cela, ils se trompent largement!!!
Je ne vis pas, je ne survis même pas, j'existe plus, je ne suis qu'un fantôme qui s'agite sous les ordres démoniaques de ma formatrice qui se prend pour le plus grand chef du monde. Je ne suis qu'une fumée, une volute de moi. Il n'y a pas si longtemps encore, je crois que j'existais. Je me souviens que je riais, que j'avais des projets, une famille, une vie.

Aujourd'hui, tout s'est envolé sous les brimades morales répétées de cette femme. Même mes enfants ne me reconnaissent plus, ils sont orphelins de mère tout en la côtoyant. Quand je pense à eux, je pleure. Ce n'est pas ce que je voulais leur confier pour l'avenir, ce n'est pas l'apprentissage que je voulais leur donner. Et maintenant, qu'ont-ils sous les yeux? Cette loque humaine qui ne parle plus, qui ne vis plus.

Je vais m'allongée, je n'en peux plus! Je voudrais tant que cela s'arrête, avoir une solution qui ne soit pas expéditive, mais je n'en vois pas!
Je tourne en rond dans ma tête, je ne sais que faire. Je revois le film qui m'a conduit dans cette situation, encore et encore. A quel moment tout a dérapé?
Tout à commencé il y a quatre mois. Un coup de fil à fait basculer ma vie. J'étais pourtant si heureuse quand on m'a confirmé que j'étais prise dans ce poste de première adjointe, en ce mois de décembre 2007, si contente....

 

vendredi, 04 janvier 2008

Pas encore de titre!

Salutation à tous mes lecteurs, si, je sais qu'il y a des fidèles.
Bon, d'accord, je l'ai déjà faite celle là!
Ce soir, je reprends l'écriture d'une autre histoire.
Une histoire que je construirais comme l'autre, peu à peu, semaine après semaines. Je ferais des erreurs, alors je compte sur les plus attentifs d'entre vous pour me les souligner, encore merci aux plus perspicaces d'entre vous.

 

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Un jour, non !

Un soir, je ne sais plus !

Bref, un jour ou un soir, il est apparut dans ma vie.


J’en étais arrivée à ne plus rien demander, plus rien espérer de mon existence. Elle n’avait plus aucune saveur, aucune couleur. Je regrettais jour après jours le malheur qui avait fait qu'aujourd'hui encore, je sois en vie. Je me laissais sombrer inexorablement dans la noirceur de mes idées.

Et internet est entré dans mon espace.


Je découvris avec lui les immenses possiblités de connections, les pages qui s'ouvrent, les recherches devenues enfin possibleJe me tenais accrochée à mon clavier, comme un naufragé à son rondin de bois. Je surfais de forum en forum, errante sur des pages qui me laissaient indifférentes, m’inscrivant sans réfléchir sur certains forums sans intention d’y revenir. Je m’attelais à la rédaction d’une histoire sur un blog, rêvant qu’elle fut vraie, et non inventée. Je me fis, au cours de ces pérégrinations des  ami(e)s web, sans attaches véritables. J’attendais des messages qui ne venaient pas, de l’espoir qui ne servait à rien.
Un jour, dans un groupe, je rencontrais des personnes comme moi, tristes. Des personnes qui véhiculaient, à l’instar de mon cerveau, des idées de suicides comme autant de bonnes raisons de rester en vie. Je les avançais devant moi, tel un bouclier de protection, à l’abri de ma dépression, les exposant à mes ami(e)s de détresses. Je ne voulais pas vraiment partir, mais je ne voyais pas d’issue, pas de sortie à ma vie insipide et ratée. J’errais dans la vie autant que dans ma tête ! J’aurais donné tout ce que j’avais pour avoir envie de continuer dans cette existence, mais je n’avais pas d’envie, pas de désir, pas de plaisir.
Je pleurais sans raison, sans savoir pourquoi. Je hurlais ma douleur silencieusement, dans mon salon, face à cet écran qui faisait semblant d’être mon ami. Il m’illuminait et me rendait chaque jour un plus dépendante de lui, il était mon phare dans ma solitude, j’en étais sur. Enfin, je l’espérais, je le voulais, je me l’imaginais ! Bref, je me leurrais, encore une fois de plus.

 

samedi, 24 novembre 2007

L'amour à mort

b256de4a13500cf6a17c1a91592f8ebe.jpgLe train entre en gare de Versailles chantier, Christel redresse la tête et regarde par la fenêtre. Personne ne l’attend sur le quai. Où avait-elle la tête quand elle s’est imaginée retrouvailles et embrassades dans cette grande gare de la région parisienne.

Elle saisi son sac à dos, et sort précipitamment de son wagon. Ses frères lui ont dit de se rendre sur les quai « banlieue » et de prendre le train direct pour Chartres et descendre à Rambouillet. Fatiguée et perdue, Christel monte l’escalier qui donne sur la salle des pas perdus. Un gigantesque tableau l’y attend. Elle consulte les horaires et les numéros de quai. Il se trouve qui lui faut redescendre l’escalier précédemment grimper. Elle soupir! Mon dieu! Pourquoi a-t-il fallu qu’il insiste autant? Elle aurait accepté de dormir accrochée à sa moto, dans le garage s’il lui avait demandé! Elle aurait dormir sous une tente dans le camping de Toul boubou, s’il avait accepté. Pourquoi croyait-il donc qu’elle aurait plus de chance dans cette banlieue ouest?

Ces questions n’avaient cessées de tourner dans sa tête depuis son départ de Vannes.

Elle avait pleuré, un peu, en cachette, elle ne voulait pas qu’on l’a voit ainsi. Elle avait essayé de dormir, mais le visage souriant de Carbu voyageait dans sa tête. Elle le voyait partout!

Le contrôleur avait un petit air de Carbu, non? Et le jeune homme assis à l’autre bout de la banquette, ne possédait-il pas le défaut de prononciation de l’homme qu’elle aimait?

Non, il lui fut impossible de fermer l’œil.

Maintenant, elle se hisse dans le train gris qui la conduit auprès de sa famille. Ce n’est pas qu’elle ne les aime pas, bien au contraire! Mais c’est l‘éloignement qui lui fait mal.

Rambouillet, toujours personne sur le quai, ses frères ont du l’oublier. C’est une habitude, depuis quelques temps!

Elle sort de la gare, et ils sont là, hilares. Elle peine à reconnaître le grand des deux adolescents devant elle. Il a tellement grandit, son petit frère, depuis qu’elle les a quitté. Ils blaguent, la chahutent, l’aident à porter son sac. Elle respire un peu. Ils descendent la rue, Christel les suit, somnambule en plein jour. Tout tourne dans sa tête. Et si Carbu avait raison? Non, elle ne peut l’envisager!

Les jours s’écoulent, plus ou moins heureux, au gré des nouvelles de son hommes resté en Bretagne. Elle cherche du travail, elle n’a pas les diplômes demandés. C’est difficile, mais elle s’est promis d’y arriver.
Le temps s’écoule avec son lot de déception Non, il ne pourra pas venir ce week end, la moto est en panne. Le week end suivant.. Ce n’est pas possible non plus, bébé!! Tu sais bien que c’est la concentre. Je suis désolée, je l’avais oublié. Mais tu me manques, j’ai besoin de te voir. Je sais mon bébé, moi aussi je veux te voir. Essaye de descendre à Rennes dans trois semaines, je pourrais allé te voir.

Ça coûte cher, et je n’ai pas beaucoup d’argent. Bébé, tu veux que je t’envois le prix du billet de train? S’il te plait, oui.

Ils se voient une fois, deux, puis trois, c’est peu en six mois. Christel n’y tient plus, elle veut être auprès de lui.

Il y a une semaine de ça, un ami, rencontré à Toulon, a sonné à sa porte. Elle était si heureuse de le voir!
Il a une voiture, il pourra l’emmener en Bretagne, elle fera une surprise à Carbu. Il aime les surprises, il sera heureux à son tour.

Ils s’organisent, le week end suivant, il n’a rien à faire, il accepte.

Christel est aux anges! Elle se prépare, elle a du mal à ne pas prendre le téléphone et prévenir Gaston de leur arrivée.

Samedi matin, il est à la porte. Elle jette son sac dans le coffre et s’assoie, heureuse dans la voiture. Il pleut en cette fin de mois de juin, mais qu’importe, pour elle, le temps est secondaire.

Le voyage se déroule sans encombre. Ils sont à Pontivy. Mais où va-t-elle le retrouver? Ils n’ont pas rendez-vous.

Premier bar, ils ne sont pas là, second, absents et pas passés ce matin. Soudain, elle a une illumination: le parking du supermarché!

De loin, elle aperçoit un groupe de motards, ils sont là.

Son cœur s’affole, elle reconnaît sa stature, son blouson, ses ami( e )s. Et elle qui vit loin de tout ça! La jeune fille veut être en leur compagnie, elle veut vivre leur vie, partager leur bonheur, partager leur galère. Déjà, elle maudit le jour où elle a accepté de partir. Elle maudit le jour où elle a eu cette idée saugrenue de rentrer chez sa mère.

L’ami providentiel se gare non loin du groupe de motards. Christel gicle littéralement de la voiture, puis s’immobilise, statufiée!

Carbu est là, près de sa moto. Il est comme dans ses souvenirs, si beau à ses yeux, si grand, si rassurant, si… Si…Si près de la petite brune qui sourit bêtement. Elle n’est même pas jolie! Pourquoi son bras à lui est autour de sa taille à elle?

C’est un cauchemar! Christel avance vers le groupe de motards, personne ne semble l’avoir remarqué. Hésitation, doit-elle continuer?

Il tourne la tête, la voit, son bras s’écarte de la taille de la jeune fille. Celle-ci, surprise, le regarde, incrédule. Christel sent son cœur se serrer dans sa poitrine, il va s’éteindre, il ne peut en être autrement.

Tous tourne la tête, le groupe la reconnu. Des mains se lèvent pour lui souhaiter la bienvenue. Elle ne peux plus reculer. Bravement, Christel relève la tête, assure son pas et son sourire, et s’approche.

- Salut tout le monde! Lance-t-elle à la cantonale.

- Ben, qu’est-ce que tu fais là? Demande Gaston.

- J’avais une occasion pour descendre, alors je l’ai prise. J’avais envie de vous revoir.

Elle sourit autant qu’elle le peut, mais ses lèvres lui font horriblement mal. Tous se réunissent autour d’elle, tous sauf lui! Il reste à l’écart, les yeux braqués sur ses bottes. Comme la douleur est grande en ce moment! La jeune femme prend son courage à deux mains, sépare le groupe et se plante sous le regard de Carbu. Elle désire se la jouer grande dame, même si sa tête explose, même si les larmes se poussent aux bords des yeux, même si sa vie vole en morceau.

- Bonjour Carbu, tu vas bien?

- B’jour, ça va. Il parle doucement, presque à voix basse.

- Qui est-ce? Christel se mord la langue, elle aurait tellement voulu être capable de se taire, de cacher sa peine, et voilà qu’elle dérape à la deuxième phrase.

- Je sors avec elle.

- J’avais remarqué.

- Tu sors bien avec ce type!

- Non, il m’a juste emmené. Je t’aime toujours, moi!

- Et tu crois que je ne t’aime plus?

- Tu ne me le prouves pas vraiment!

- Tu habites loin, je ne te vois jamais!

- Et tu ne peux venir me voir?

- Tu crois que j’ai que ça à faire?

- Non, ce que je vois, c’est que tu t’es vite empressé de m’oublier pour une autre. Tu me jurais l’amour éternel et…

Les larmes envahissent sa voix, elle a du mal à parler.

- Excuse-moi, Carbu, je ne voulais pas. Je suis désolée, c’est sur, je suis loin. Je ne peux t’obliger à rien. J’espère que tu seras heureux.

- Arrête! Tu t’en moques bien que je sois heureux ou pas! Tout ce que je vois, moi, c’est que tu te plais bien à Paris et que tu n’as pas l’intention de revenir. Tu m’as oublier toi aussi!

- Tu es injuste, Carbu. Je travaille pour pouvoir revenir, je t’appelle, je t’envois des lettres, je te téléphone, je veux revenir avec toi. Tu n’as pas de droit de dire que je t’ai oublié.

- Je n’ai plus rien à te dire! Je ne veux plus t’entendre! Rien ne te fera rentrer en Bretagne, je le sais!

- Mais…

- Bonne après-midi, Christel.

- Carbu… Didier…

Sa voix se casse, elle est mortifiée. La colère bientôt remplace l’incompréhension. Décidée, elle retourne vers les jeunes hommes qui dévissent de choses et d’autres.

- Bon, les gars, je resterais bien discuter avec vous, mais j’ai autre chose à faire. Passez un bon après-midi!

Les motards la regardent totalement incrédule. Ils n’ont rien compris à la scène qui vient de se dérouler devant eux.

Christel prend son compagnon de voyage par le bras et le mène à la voiture. Elle tourne le dos à son passé, à sa peine. Elle ne veut plus entendre parler de cet homme qui venait de la trahir de la façon la plus cruelle qui soit. Il l’avait blessé dans l’amour qu’elle lui porte.

Christel retourne en région parisienne, le cœur en morceaux. Elle se laissera aller dans les bras de son compagnon de voyage, n’attendant plus grand-chose de la vie. Ce n’est pas honnête pour l’homme à ses cotés, mais elle est morte à l’intérieur, il l’a tué!

Jamais plus elle n’aura de ses nouvelles à lui, jamais plus elle n’aura l’occasion de se disputer avec lui, ni même de l’entendre parler. Bien des fois, elle arpentera les rues de Pontivy à la recherche de cet homme, espérant intérieurement le retrouver.

Les années passent, elle ne le revoit jamais.

La vie s’écoulent, sans saveur. Une fille lui naît, elle quitte le père. Christel s’installe dans un petit bourg des Côtes-d’Armor, achète un bar et laisse la vie s’écoulée, sans en attendre quoi que ce soit.

Un jour semblable aux autres, derrière son bar, elle écoute un jeune homme lui parler de la moto, de Pontivy, de Melran et de choses et d’autres.

- Y avait un mec qui était super dans le moto club de Pontivy!

Christel qui écoutait d’une oreille distraite, s’intéresse à lui.

- Ah, oui?

- Oui, j’ai oublié son nom! Un grand, les cheveux noirs, il avait toujours un blouson rouge et blanc et une écharpe violette.

« Une écharpe violette! » Un bond dans le cœur de Christel!

- Il ne s’appellerait pas Carbu, par exemple?

- Oui, c’est ça! Carbu! Tout le monde l’aimait bien!

- L’aimait bien?

- Ouais! Y’a eu cet abruti de vieux à qui on aurait du supprimer le permis. Carbu était sur la route de Noyal-Pontivy, il allait tourner à gauche, et le mec, il l’a pas vu! Il l’a littéralement fauché! Carbu est mort en retombant au sol.

Dans la tête de Christel, certain mot ne semble pas prendre leur sens. Elle ne peut pas comprendre.

- Et? Demande-t-elle d’une voix blanche.

- Ben, y’avait plus rien à faire!

- Heu… ça c’est passer quand?

- Ouh!!! Il y a déjà plusieurs années! C’était… Heu… En 87, je crois. C’est ça en en juillet 87!

- En juillet 87? Non! Ce n’est pas possible! En juillet… Début ou fin juillet?

Début juillet, elle l’avait vu une semaine auparavant et elle n’avait rien pu dire. Fin juillet, il était déjà trop tard, elle ne pouvait plus rien dire.

- Début, pourquoi? Tu le connaissais?

- Non! Un cri jailli de sa gorge, Non! Je le connaissais… Oui… Attend!

Christel se sert un whisky et l’avale cul sec!

- Je le connaissais, oui! Finit-elle par dire d’une voix blanche. Comment est-il…

Il lui ai impossible de sortir ce mot infâme de sa bouche. Mot qui vient de détruire à jamais tout espoir, toute attente. Ce mot qui à lui tout seul vient de lui déchirer l’âme, qui lui crie de se laisser aller au désespoir, à l’abandon final.

- Je viens de te le dire! Un con qui ne l’a pas vu et qui l’a fauché comme de rien.

- Ha! Oui! Excuse moi! Je…

- Tu le connaissais plus que bien, on dirait!

Christel respire un grand coup, secoue la tête, retiens les larmes, il n’est plus le temps de pleurer, elle est en colère!

Personne n’a pris la peine de la prévenir. 5 Années se sont écoulées et personne de la bande n’a jugé utile de la prévenir de la mort de Carbu!!!

Elle enrage, elle aimerait fermer le bar, là, tout de suite, prendre le volant et les retrouver. La vie ne fait que très rarement ce que l’on veut qu’elle fasse.

La porte du bar s’ouvre et une dizaines de jeunes gens en goguette entre bruyamment.

Christel soupire, se recompose un visage, un visage calme et serein. Elle a besoin de travailler et le bar ne va pas tourner tout seul.

Vingt ans se sont écoulées depuis le départ de Carbu, pourtant, dans un coin de sa tête, au chaud dans son cœur, survit toujours Carbu.

dimanche, 11 novembre 2007

AIMER!

 

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Noble sentiment!

L’histoire arrive à son terme et je fais traîner le temps, je l’étire autant que je peux, désirant son arrêt en gare. S’il pouvait… Mais point de « si »!

Je fais traîner le temps afin de garder Carbu, encore, un peu au chaud dans un coin de ma tête. Je le dorlote, fait de lui mon héro, refuse de le laisser partir. Il a été mon repère depuis si longtemps que j’ai crains de ne pouvoir vivre sans. Il m’est si difficile de dire « Adieu » à celui que j’ai tant aimé.

Après cette année passée en sa compagnie, force m’est de constater, qu’il est grand temps de poursuivre seule une route que me paraissait si sombre, il n’y a pas très longtemps encore. De dire « Adieu » à ce fantôme qui avait fini par prendre vie dans ma vie, présent par son absence; guidant mes pensées, excusant mes erreurs, me parlant gentiment quand j’en avais besoin. Il était un phare, mais un phare brisé, sans aucune existence!

L’amour après!

Il a été mon tourment, mon errance, mon angoisse. Il était le symbole de l’amour que je ne pouvais donner qu’à un seul homme. Il avait voler ce que j’avais en moi, du moins je le croyais!

Après lui, j’ai connu des histoires, que je pensais être des histoires d’amours, mais qui en réalité ne ‘était pas.

Quelqu’un, une fois, m’a dit que j’avais trompé les hommes que j’avais aimé après lui. Au regard de ce que je sais aujourd’hui, je dirais que c’est vrai, mais fait dans une totale inconscience. Je croyais sincèrement les aimer, mal, certes, mais les aimer tout de même. Après lui, j’ai tout confondu! L’amitié, l’attirance, le confort, le bien-être et aimer!

Il y a des amours qui vous font voir le monde différemment, qui vous le déforme.

Je voudrais dire que j’ai perdu beaucoup de temps à vivre dans son souvenir, mais ce n’est pas du tout ce que je ressens.

Bien sur, comme beaucoup, j’ai hurlé à l’injustice, comme beaucoup, j’en ai voulu au monde entier, j’ai « pété les plombs » plus souvent qu’à mon tour. Je me suis égarée, puis retrouvée, et petit à petit, je me suis construite dans ce souvenir. Il est une partie de moi, il le sera toujours. C’est aussi grâce à lui que je suis ce que je suis aujourd’hui, et juste pour cela, je le remercie d’avoir croisé ma route.

Et aujourd’hui?

L’amour est là et je sais le reconnaître. Il n’est pas le même puisque l’homme est différent, mais il a le même visage.

Je vous ai offert l’histoire très romancé d’un gars que vous n’auriez pas regarder dans la rue, mais qui était pour moi et sa famille, quelqu’un d’exceptionnel!

Un gars de tous les jours, pas une vedette, pas une star, juste quelqu’un comme vous et moi.

Sa haute stature, son blouson de moto, ses cheveux mi-long et raide, sa moto, ses cigarettes, ses canettes de bière et son rire qu’il dissimulait, ne le distinguait en rien d’un autre quidam de la rue. Il était lui avec ses contradictions, ses envies, ses barrières, ses actes de courages, et ses lâchetés, il était l’homme qui m’a appris que je pouvais être aimée. L’homme, aussi, qui m’a voler cette conviction en m‘abandonnant (contre sa volonté!), l’homme qui m’a laissé errer des années entières, mais c’est aussi celui qui m’avais donné la clé pour reconnaître le verbe aimer. J’ai juste mis un peu de temps à savoir l’utiliser! J'espère aujourd'hui pouvoir dire "je t'aime" alors que cela m'était interdit depuis son départ.

Nous avons tous un "Carbu" dans notre vie, ou son équivalent féminin. Cet être que l'on oublie pas parce que nous avons grandit avec.
Certes toutes les histoires ne sont pas semblable à celle ci, mais il nous faut connaitre beaucoup de douleurs pour qu'au soir de notre départ, nous puissions dire que nous avons fait ce qu'il y avait à faire.

Bien des fois, j'ai cru ne pas me relever, souffrant en silence pour ne pas déranger mes proches. Bien des fois, j'ai voulu mettre un terme à cette histoire qu'est ma vie et pourtant...

Pourtant, nous continuons quoi qu'il arrive!

Pourtant, nous avançons !!

Pourtant, nous nous accrochons!!

Pourtant, à chaque fois, nous y croyons!!

Pourtant, nous sommes encore là, présent à l'appel!!

Un ami me disait régulièrement de "prendre les rênes de ma vie et de la diriger". Lui les avait perdu depuis longtemps, les rênes, perdu dans l'alcool jusqu'au jour ou il fini par tout lacher et nous quitter pour un monde que l'on ne connais pas. Je lui disais que je le ferais, mais je suis une négativiste et pense très souvent que cela ne sert à rien puisque, de toute manière, cela terminera mal. La vie ne m'a, malheureusement pas souvent détrompé!

Cette année m'a montré que raconter ce moment était important pour moi, elle m'a aussi montré que j'avais du travail pour tout reprendre, débarasser mon coeur de l'émotion qui le submerge quand j'écris pour permettre à mon texte de trouver son  essence. Une année enrichissante!

Je tiens à dire Merci à tout ceux qui ont pris le temps de me lire, je sais qu'il y en a.

Un merci tout particulier à Azazel qui mérite plus que le respect.

MERCI !

 

vendredi, 26 octobre 2007

DEPART DE CHRISTEL

6686ad354e091e30b42d72206ea4be0e.jpgLe lundi matin était déjà là. Christel fini de boucler son sac à dos, la décision est prise: elle attendra, chez sa mère, que Carbu ai trouvé un logement  puis elle reviendra en Bretagne.

7h30, la moto se fait entendre dans la cour, l’air est doux, la journée sera belle. Le temps aurait du être gris et froid, un temps qui donne envi de se dépêcher, de ne pas s’attarder en "au revoir", d’écourter les embrassades. Christel s’était imaginée des adieux pathétiques comme dans les films américains. C’était un peu oublié qu’elle évoluait dans la vraie vie, celle où les gens ne parlent pas de leur sentiments, celle où l’on cache ses larmes et où les grands discours sont exclus. Il n’y a pas de script, ni de psy pour expliquer qu’il faut extérioriser ses sentiment. Juste deux êtres qui souffrent et qui se taisent. Ils ne se posent même pas la question de savoir pourquoi leur histoire est si compliquée, ils se contentent de la vivre tant bien que mal. Christel sait qu’il est son horizon, sa référence quoi qu’il arrive.
Carbu sait que nulle autre ne la remplacera, que sans elle, cela ne vaut pas la peine d’avancer. Alors ils sourient ensembles. Ils se cachent leur souffrance mutuelle.

Le voyage jusqu’à la gare de Vannes s’effectue comme dans un rêve. Long et trop court à la fois! Il sent sa chaleur dans son dos, cette chaleur qui le rassure depuis plusieurs semaines déjà, cette chaleur qui fait battre son cœur. Elle se colle à lui, elle veut conserver dans sa mémoire son odeur, l’odeur de son cuir, la chaleur qu’il dégage, la force qu’il représente. Elle veut… Il veut…

Vannes!

Elle se sert contre lui. Ils passent devant le quartier Menimur, au rond point tournent à gauche, s’engagent dans la grande avenue, Christel ferme les yeux, elle ne veut pas voir. Le moteur la berce, l’assourdie, l’engourdie. Elle sent les secousses de la route, son sac saute sur son dos mais elle n’en a cure. Seul le ronronnement du moteur l’accapare.

Ils ralentissent, s’engagent sur le parking de la gare. Christel descend, elle attend Carbu.

Ensemble, ils se dirigent vers le guichet, prennent le billet de la séparation, s’installent sur le quai. Ils n’osent échanger une parole. Depuis qu’ils ont quitté la maison de Gaston, seul le silence les accompagne.
Un banc leur tend les bras, ils s’y installent. Christel installe son sac entre ses jambes, puis pose sa tête sur l’épaule de Carbu. Celui-ci s’étire, passe son bras autour des épaules de la jeune fille et caresse ses cheveux d’un tendre baiser. La réconforter, c’Est-ce qu’il devrait faire!

- Je trouverais rapidement, bébé. Je te le promets! Bientôt nous serons ensemble, réuni sans personne pour nous séparer.

- Promis?

- Promis! Juré! Craché!

- AH! Non! Pas craché sur le quai! Non, mais espèce de mal élevé!

Carbu sourit. L’humour, il n’y a que ça pour les aider à supporter ce moment si difficile. Il a l’impression que le monde va s’arrêter de tourner dès que le train sera parti. Que sa vie sera terminé, un point final!

Le train est annoncé!

Il fallait bien qu’un jour il arrive, ce foutu train!

Les gens se sont rassemblés sur le quai, bagages jonchant le sol. Ni l’un ni l’autre ne se décide à se lever. Ils attendent l’arrêt complet de la motrice pour, enfin s’approcher du train corail. Christel serre Carbu contre son cœur, elle voudrait sourire pour lui insuffler un peu de courage, ou pour se persuader qu’elle en a? Un baiser qui s’éternise, un contrôleur qui les presse, une porte qui se ferme et les yeux se mouillent. Carbu ne reste pas sur le quai, les au revoir, ce n’est pas pour lui. Dès que les portes se sont fermés, il a quitté la gare et est remonté sur sa moto. Du parking, il regarde le train qui se met en branle, s’éloigne doucement de la gare. Le soleil est apparu, il commence à chauffer, le jeune homme ne le voit ni le sent. Le froid s’est insinué en lui.

Christel s’est installée dans son fauteuil, elle est écrasée par la douleur. Elle va disparaître, il n’y a pas d’autre solution, il ne peut en être autrement. Elle a mal, elle voudrait pouvoir se débarrasser de cette sensation désagréable d’une épée qui lui transperce le ventre.

C’est long trois heures en train! Trois heures à ressasser sa malchance, à pleurer en silence.
Gare Montparnasse. C’est grand! Elle quitte le wagon, cherche sur le quai quelqu’un de sa famille. Personne! Elle remonte le quai, passe la barrière de composteurs, prend la direction des trains de banlieues. Remonte dans un train, trois quart d’heure plus tard, redescend. Toujours personne pour l’accueillir. La petite gare de Rambouillet se vide peu à peu, elle est seule. Se saisissant de son sac, la jeune fille quitte le hall d’entrée, bifurque sur la droite et commence à descendre la rue. Alors seulement, elle aperçoit ses deux frères qui viennent vers elle. Ils lui prennent son sac à dos et l’accompagnent. Ils ont l’air heureux de la revoir, ils la protègent, elle ne sait que dire.

Carbu est reparti vers Pontivy, il a roulé un peu vite, trop peut-être. Il est rentré chez lui, directement, s’est enferméb81f6a21e5abde8201167fe3a7d153e3.jpg dans sa chambre, il ne veut voir personne, plus jamais! Allongé sur son lit, il contemple le plafond. Que pourrait-il faire de plus? Il erre dans sa tête, complètement déboussolé.

Que vont-ils devenir?

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